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Présentation


Pélénop est un blog féministe ; un féminisme doté d'un regard matérialiste.
L'objectif de Pélénop est l'amélioration des conditions de vie et la conquête de l'autonomie des femmes par les femmes.
Devenir femme en prenant conscience chacune, ensemble, de notre condition.
Etre femme, se battre au quotidien pour s'émanciper du patriarcat et du sexisme !




Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 08:56


Pour plus de lisibilité, Pélénop fait peau neuve !


Par pelenop - Publié dans : Actualité
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 05:18
L'avortement, pour toute femme reste malheureusement, aujourd'hui, quelque chose de honteux.
Lorsque le choix de se faire avorter est présent, il est encore difficile d'en parler, par peur du regard, du jugement, dans cette société paternaliste.
Le choix de ne pas avoir d'enfant est ecore mal vu.
Encore plus, lorsque nous tombons enceinte, et que nous ne voulons pas devenir mère.
 
Les remarques pleuvent :
- tu ne connais pas la contraception?
- et le préservatif?
- mais maintenant que tu l'as? c'est peut être que tu dois l'avoir, que c'est le moment !

Les préservatifs qui craquent ne sont pas des oeuvres de Dieu !
Les grossesses non voulues ne sont pas des conséquences de pauvres écervelées !
Les femmes ne veulent pas toujours être mère !
Le droit de ne pas avoir d'enfant est un droit que nos soeurs ont su défendre et que nous voulons continuer à défendre!

Pélénop est pour que les femmes aient le choix, le choix d'être ou de ne pas être enceinte !


Quand on veut se renseigner sur l'avortement, aujourd'hui le mode le plus facile et anonyme reste internet.

La première des choses  anomymes alors est de taper "avortement" sur Google.

On y trouve rapidement différents liens :
- en premier lieu : la manif contre l'avortement
- le planning familial
- la définition wikipédia sur l'avortement
- des manifs anti-avortements
- 2 forums "médicaux" sur l'avortement
- un site anti IVG sous un nom compromettant.

Sur les sites anti-IVG déguisés, les pages d'accueil floues véhiculent des arguments non scientifiques pro-life :
- les vaccins contre la grippe A sont fabriqués avec des foetus d'enfants
- les chinois mangent des foetus en soupe
- Les femmes ayant eu recours à un avortement sont des sujets dont les risques de cancer du sein sont les plus touchées.
Tous ces exemples idiots sont, bien entendu, appuyés par des photos (trafiquées) plus horribles les unes que les autres.

Nous ne devons pas nous laisser bernées par ces visuels terrifiants crées dans le but d'atteindre notre sensibilité.
Une femme qui a recours à un avortement ne le fait jamais avec plaisir, ni même sans y penser !



Nous avons le choix d'avoir un enfant ou de ne pas en avoir, ceci n'est pas le fruit de Dieu !

Cet acte fait parti de NOTRE volonté.

Le seul site qui puisse nous aider est celui du planning familial !

Ne nous laissons pas intimider par les manifestations des pro life catholiques extrémistes !
Ne nous laissons pas berner par les sites et les forums !
Pélénop veut que les femmes puissent un jour parler librement de leur choix sans avoir peur des autres, du regard des autres, du jugement des autres.
Nous devons tou-te-s, nous unir, afin d'aider nos soeurs à avoir confiance en elle,  de les conseiller, de les aider dans leurs choix !
Pélénop soutient nos soeurs espagnoles de lutte pour le choix à l'avortement !





Par pelenop - Publié dans : Actualité
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 07:37
Voici un nouvel extrait de l'histoire naturelle de la femme concernant cette fois-ci : l'onanisme chez la femme.



" Au premier rang des causes de l'onanisme, il faut placer le défaut de satisfaction des instincts génitaux. Cette cause est d'ailleurs universelle et s'étend à tous les animaux. C'est elle qu'il faut invoquer pour expliquer l'onanisme qu'on rencontre dans les harems de l'orient et dans les agglomérations féminines de l'occident.
Toutefois, nombre de femmes se livrent à l'onanisme, même quand elles sont mariées, pour s'éviter les peines et les fatigues de la maternité.
Quand la femme commence à se livrer à l''onanisme très jeune, c'est qu'elle y a été incitée par les attouchements de nourrice ou par l'exemple de ses compagnes, une fois qu'elle est rentrée au collège.
C'est, en effet, le très grand vice de nos internats modèles que de grouper nombre de jeunes filles à l'heure où l'instinct génital s'éveille pour la première fois chez elles. Dans ces collèges, les plus libertines ont vite fait de pervertir leurs compagnes moins avancées dans la voie du vice et c'est ainsi que nombre de femmes ont appris à connaître l'amour sous la forme d'une perversion immorale et nocive.
[...]
Enfin, l'oisiveté, l'imitation sont encore aujourd'hui des grands facteurs de l'onanisme. Le farniente, dans lequel se complaisent les femmes de notre époque -comme celles des époques antérieures d'ailleurs - est souvent la cause occasionnelle de l'apparition des manoeuvres onanistiques.
A ce farniente s'ajoute souvent la complicité d'autres femmes qu'un riche paresse hausse à la hauteur dangereuse d'un snobisme oriental. Et la recherche des plaisirs vénériens ne tarde guère à s'ajouter à ceux des contacts parfumés et des minauderies enveloppantes.
[...]
Jadis on donnait à l'onanisme une influence des plus néfastes : " L'embonpoint et le coloris disparaissent les premiers, dit Tissot, la maigreur, le plombé du teint, la rudesse de la peau, leur succèdent immédiatement; les yeux perdent leur éclat, se ternissent et peignent par leur langueur celle de tout l'organisme; les lèvres perdent tout leur vermillon, les dents leur balncheur".
C'est surtout pendant l'enfance et la puberté que l'onanisme est dangereux. Il est alors une cause fréquente d'anémie, d'épuisement nerveux, d'affaiblissement intellectuel de maladies nerveuses telles que l'épilepsie et l'hystérie et phtisie pulmonaire, etc."
Par pelenop - Publié dans : Sexisme
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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 08:11
" A Londres a pris fin dernièrement le "cinquième congrès international pour la lutte contre la traite des blanches".
Quel déploiement de duchesses, de comtesses, d'evêques, de pasteur, de rabbins, de fonctionnaires de la police, de philanthropes bourgeois en tout genre ! Que de dîners d'apparat, que de somptueuses réceptions officielles ! Que de cours solennels sur la nocivité et la turpitude de la prostitution !
quels myens de lutte ont-ils réclamés; les élégants délégués bourgeois du congrès?
Principalement deux : la religion et la police.
C'est là, voyez-vous, l'antidote le plus sûr et le plus sûr à la prostitution. Un délégué anglais, nous dit le correspondant à Londres du journal du peple de Leipzig, s'est vanté d'avoir défendu au Parlement le châtiment corporel comme sanction d proxénitisme. Voyez donc ce héros moderne et "civilisé" de la lutte contre la prostitution!
Une dame du Canada s'est extasiée sur la police et les brigades féminines de police chargées de surveiller les femmes "déchues", mais sur l'augmentation des salaires elle a remarqué que les ouvrières n'ont pas mérité d'être mieux payées.
Un pasteur allemand a lancé ses foudres contre le matérialisme contemporain qui, disait-il, se répand de plus en plus dans le peuple et favorise la propagation de l'amour libre.
Lorsque le délégué autrichien Gertner a tenté de soulever la question des causes sociales de la prostitution, du besoin et de la misère des familles ouvrières, de l'exploitation, du travail des enfants, des intolérables conditions hostiles ont fait taire l'orateur.
En revanche, on a raconté (dans les groupes de délégués) des choses instructives et solenneles concernant certains hauts personnages.
Quand, par exemple, l'impératrice d'Allemagne visite une maternité à Berlin, on passe des alliances au doigt des mères d'enfants "illégitimes", afin de ne pas choquer cette grande dame par la vue des mères célibataires!!
On peut juger par là de la révoltante hypocrisie bourgeoise qui règne dans ces congrès aristocratiques et bourgeois. Les acrobates de la bienfaisance et les défenseurs policiers des outrages au besoin et à la misère se réunissent pour "combattre la prostitution", que soutiennent précisément l'aristocratie et la bourgeoisie...

Lénine, Oeuvres, Paris Moscou, t. 19, pp 273-274.
Par pelenop - Publié dans : Textes
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 20:11
Skyblog est devenu un réseau populaire chez les jeunes. Depuis un certain nombre d'années, son expansion est croissante. Bien avant Facebook, ce réseau social est très populaire chez les adolescents. A cet âge, il est important de se retrouver affilier à un groupe, de se faire des amis, même virtuels. Etre populaire, être reconnu et apprécié par des gens dans la période de sa vie où l'on se sent à fleur de peau, enragé, décontenancé par ce qu'on sent devenir est très important.
Alors on crée un blog, une vitrine de ce que l'on est,mais aussi de ce que l'on veut être, paraître.On s'invente alors une personnalité (souvent chez les garçons) et pour la majorité des filles on se montre, on s'ouvre comme un journal intime, sans méfiance
.
Skyblog applique une logique de surenchère, de performance.

En effet, lorsqu'on ouvre un blog, personne ne nous connaît, il faut faire sa publicité.
Il faut alors aller voir d'autres blogs soit sur le sujet qui nous intéresse, soit par des photos qui nous attirent.
Dès qu'on visite un site, il faut regarder le profil des autres pour montrer son passage et inciter les autres à venir visiter le sien. Le mieux, pour s'assurer une renommée rapide est de laisser des commentaires et des notes. Plus on a des notes élevées et plus on de chance d'être le blog phare de la page d'accueil de Skyblog. La publicité suprême !

Voilà le système mit en marche !

Les bloggueur-seu-s usent de différents procédés pour avoir de plus en plus de note +5 ! Ainsi beaucoup de garçons demandent aux filles de se prendre en photo avec leur nom de blog inscrit sur le corps en échange de la note la plus haute. Des jeunes filles se photographient alors, à demi-nue, visage apparent, pour avoir en retour un espoir de se voir en première page de Skyblog et ressentir un semblant de reconnaissance.


Ce système de récompense est propre au système capitaliste !

Montrer son corps pour avoir une récompense est déjà une forme de protitution. Les jeunes filles sont des victimes du patriarcat !
Les jeunes filles deviennent alors une marchandise pour ces jeunes hommes (plus de photos de filles dénudées leur apportent une notoriété chez les "amis" sphériques !).
Les jeunes femmes sont utilisées, on profite d'elles, le respect n'est pas de mise !

La reconnaissance arrive, non pas par notre apparence, mais par notre personnalité !
Soyons consciente du patriarcat qui nous opprime, émancipons-nous !
Le capitalisme crée le patriarcat qui lui même crée la prostitution !
Ne soyons plus en position de victimes, prenons notre vie en main !

Croyons en nous mêmes ! Nous sommes fortes, restons le !



Par pelenop - Publié dans : Sexisme
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 08:10
source : http://www.lessentiel.lu/news/monde/story/22586362

Deux femmes arrêtées en juillet dans un café de Khartoum avec la journaliste soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein ont été condamnées jeudi à être fouettées pour tenue "indécente".

"En vertu des preuves montrées en cour, les deux femmes ont porté un pantalon sans porter de voile. La cour les reconnaît donc coupables, conformément à la loi sur l'ordre public", a déclaré le juge Hassan Mohammed Ali, de la Cour de Khartoum-Est. "La peine fixée est de 20 coups de fouet chacune et une amende de 250 livres soudanaises (65 euros). Si l'amende n'est pas payée, ce sera un mois en prison", a ajouté le juge.

Les deux femmes, dont l'identité n'a pas été dévoilée, avaient été arrêtées début juillet dans un café de Khartoum en compagnie de Loubna Ahmed al-Hussein, la journaliste devenue activiste accusée en cour d'avoir porté un pantalon "indécent".

Traitement spécial pour Loubna Ahmed al-Hussein

Loubna Ahmed al-Hussein, dont le procès a défrayé la chronique dans la presse internationale, avait été reconnue coupable début septembre d'avoir porté un pantalon jugé "indécent" par la cour. Elle n'avait pas reçu de coups de fouet comme le prévoit la loi, mais avait été emprisonnée après avoir refusé de payer une amende de quelque 200 dollars américains (135 euros).

L'association des journalistes soudanais avait payé son amende au lendemain du verdict et la jeune femme avait aussitôt été libérée. Dix autres femmes avaient été arrêtées au même moment que Loubna Hussein et les deux femmes reconnues coupables jeudi. Elles avaient reçu dix coups de fouet chacune pour avoir porté un pantalon jugé "indécent" par les autorités.

L'article 152 du code pénal prévoit une peine maximale de 40 coups de fouet pour quiconque "commet un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents". Cette loi ne spécifie pas le pantalon comme vêtement indécent, ou même un type particulier de pantalon comme le "jeans", ce qui ouvre la voie à des arrestations et des condamnations aléatoires, regrettent plusieurs associations de défense des droits de l'Homme.

Par pelenop - Publié dans : Actualité
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 05:39



   Apareciste una noche fría
            Con olor a tabaco sucio y a ginebra,
            El miedo ya me recorría
            Mientras cruzaba los deditos
            Tras la puerta.

Tu carita de niño guapo
            Se la ha ido comiendo el tiempo
            Por tus venas
            Y tu inseguridad machita
            Se refleja cada día en mis lagrimitas.

Una vez más no por favor
            Que estoy cansada y no puedo con el corazón
            Una vez más no mi amor por favor
            No grites que los niños duermen.

Una vez más no por favor
            Que estoy cansada y no puedo con el corazón
            Una vez más no mi amor por favor
            No grites que los niños duermen.

Voy a volverme como el fuego
            Voy a quemar tus puños de acero
            Y del morao de mis mejillas
            Sacare el valor pa cobrarme las heridas.

Malo, malo, malo eres
            No se daña a quien se quiere no
            Tonto, tonto, tonto eres
            No te pienses mejor que las mujeres

Malo, malo, malo eres
            No se daña a quien se quiere no
            Tonto, tonto, tonto eres
            No te pienses mejor que las mujeres

El día es gris cuando tu estas
            Y el sol vuelve a salir cuando te vas
            Y la penita de mi corazón
            Yo me la tengo que tragar con el fogón

Mi carita de niña linda
            Se ha ido envejeciendo en el silencio
            Cada vez que me dices puta
            Se hace tu cerebro más pequeño

Una vez mas no por favor
            Que estoy cansada y no puedo con el corazón
            Una vez mas no mi amor por favor
            No grites que los niños duermen.

Una vez mas no por favor
            Que estoy cansada y no puedo con el corazón
            Una vez mas no mi amor por favor
            No grites que los niños duermen.

Voy a volverme como el fuego
            Voy a quemar tus puños de acero
            Y del morao de mis mejillas
            Sacare el valor pa cobrarme las heridas.

Malo, malo, malo eres
            No se daña a quien se quiere no
            Tonto, tonto, tonto eres
            No te pienses mejor que las mujeres

Malo, malo, malo eres
            No se daña a quien se quiere no
            Tonto, tonto, tonto eres
            No te pienses mejor que las mujeres

Voy a volverme como el fuego
            Voy a quemar tus puños de acero
            Y del morao de mis mejillas
            Sacare el valor pa cobrarme las heridas.

Malo, malo, malo eres
            No se daña a quien se quiere no
            Tonto, tonto, tonto eres
            No te pienses mejor que las mujeres

Malo, malo, malo eres
            No se daña a quien se quiere no
            Tonto, tonto, tonto eres
            No te pienses mejor que las mujeres

Malo, malo, malo eres
            Malo eres porque quieres
            Malo, malo, malo eres
            No me chilles que me duele

 Eres débil y eres malo
            Y no te pienses mejor que yo ni que nadie
            Y ahora yo me fumo un cigarrito
            Y te echo el humo en el corazoncito

Porque malo, malo, malo eres
            Tu malo, malo, malo eres
            Si malo, malo, malo eres
            Siempre malo, malo, malo eres.

           Tu es apparu par une nuit froide
avec l'odeur de tabac sale et de ginebra.
La peur me traversait déjà
pendant que je croisais les 'tits doigts
derrière la porte

Ta p'tite gueule de beau gosse
le temps l'a bouffée
par tes veines
et ton insécurité machiste
se réflète chaque jour dans mes 'tites larmes

Encore une fois? non, s'il-te -plaît!
Je suis fatiguée et je n'en peux plus avec le coeur
encore un fois? Non mon amour s'il-te-palît
ne crie pas, les enfants dorment

Encore une fois? non, s'il-te -plaît!
Je suis fatiguée et je n'en peux plus avec le coeur
encore un fois? Non mon amour s'il-te-palît
ne crie pas, les enfants dorment

Je vais devenir comme le feu
je vais brûler tes poings d'acier
et du violet de mes joues
je tirerai le courage pour me faire rembourser les blessures

Mauvais, mauvais, mauvais tu es.
On ne blesse pas qui on aime, non!
Idiot, idiot, idiot tu es,
Ne te pense pas meilleur que les femmes

Mauvais, mauvais, mauvais tu es.
On ne blesse pas qui on aime, non!
Idiot, idiot, idiot tu es,
Ne te pense pas meilleur que les femmes

Le jour est terne quand tu es là
et le soleil revient quand tu t'en vas
et la 'tite douleur de mon coeur
je dois la ravaler avec le fourneau

ma t'ite gueule de belle gosse
a vieilli dans le silence.
Chaque fois que tu me dis "pute"
Ton cerveau se rétrécit

Encore une fois? non, s'il-te -plaît!
Je suis fatiguée et je n'en peux plus avec le coeur
encore un fois? Non mon amour s'il-te-palît
ne crie pas, les enfants dorment


Encore une fois? non, s'il-te -plaît!
Je suis fatiguée et je n'en peux plus avec le coeur
encore un fois? Non mon amour s'il-te-palît
ne crie pas, les enfants dorment

Je vais devenir comme le feu
je vais brûler tes poings d'acier
et du violet de mes joues
je tirerai le courage pour me faire rembourser les blessures

Mauvais, mauvais, mauvais tu es.
On ne blesse pas qui on aime, non!
Idiot, idiot, idiot tu es,
Ne te pense pas meilleur que les femmes

Mauvais, mauvais, mauvais tu es.
On ne blesse pas qui on aime, non!
Idiot, idiot, idiot tu es,
Ne te pense pas meilleur que les femmes

Je vais devenir comme le feu
je vais brûler tes poings d'acier
et du violet de mes joues
je tirerai le courage pour me faire rembourser les blessures

Mauvais, mauvais mauvais tu es
On ne blesse pas qui on aime, non!
Idiot, idiot, idiot tu es
Ne te pense pas meilleur que les femmes

Mauvais, mauvais, mauvais tu es
on ne blesse pas qui on aime, non!
idiot, idiot, idiot tu es
Ne te pense pas meilleur que les femmes

Mauvais, mauvais, mauvais  tu es
mauvais tu es parceque tu le veux
Mauvais, mauvais,mauvais tu es
Ne me chiale pas que ça fait mal

Tu es faible et mauvais
et ne te crois pas meilleur que moi ni que personne
et maintenant je me fume un 'tite cigarette
et je te souffle la fumée dans le 'tit coeur

parceque mauvais, mauvais, mauvais tu es
toi mauvais, mauvais, mauvais tu es
oui mauvais, mauvais, mauvais tu es
toujours mauvais, mauvais, mauvais tu es


Par pelenop - Publié dans : Vidéos
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 08:05
"Les penseurs médiévaux se sont largement penchés sur la question du pêché commis par les époux prenant plaisir au devoir conjugal. Le refus de se prêter au désir de l’autre semble les avoir moins préoccupés. Le consentement donné (en théorie du moins) au mariage, impliquant pour eux un commerce qui devait non seulement remplir sa fonction procréatrice mais aussi éloigner le conjoint de l’impureté de l’adultère, paraît pour cette raison une donnée immuable s’appliquant à la relation sexuelle (Baladier, 1999, 113-139).

L’exigence du devoir conjugal devient même, dans l’écrit des théologiens, un domaine où l’homme et la femme légitimement unis sont égaux (Flandrin, 1981, 127-129). Seulement, Jean-Louis Flandrin a montré qu’en ce domaine, le présupposé d’une pudeur féminine naturelle a amené à un « asservissement sexuel de la femme » que la doctrine chrétienne peut avoir contribué à [...] pérenniser » (Flandrin, ibid., 129).
Si l’on se place cette fois du côté de la possibilité de refuser le devoir conjugal et non plus de le réclamer, la même égalité est affirmée, à plusieurs reprises, par le théologien Jean Gerson : « Je di que la femme peut faire veu que jamais ne demandera la compaignie de son mary, combien que ce n’est pas chose seure ; mais elle ne peut faire veu qu’elle ne soit obligee a obeir a son mary qui lui demande son corps. Pareillement le di je du mary, et encore plus » (Jean Gerson, 1968, 861).
Cette égalité paraît aussi vite démentie par le même auteur, lorsqu’il précise que les abstinences « griefvent notablement la femme et la font feble et laide et desplaisant a son mary » (Jean Gerson, ibid., 861), sans se poser la question des conséquences de la chasteté de ce dernier, ou encore lorsqu’il envisage le cas concret d’une femme qui se dirait « mal disposee » et dont le mari, pensant qu’il s’agit là d’une feinte, voudrait tout de même demander « le corps » : « elle y obeira sans pechie, et le mary pechera. Pareillement di je se elle est grosse, mais que tant seulement l’enfant n’en perisse » (Jean Gerson, ibid., 863). Le fait de ne pas envisager en miroir le désir féminin auquel un mari essaierait de se soustraire révèle là encore le présupposé d’une moindre demande sexuelle de la part des femmes (et, sans doute, la plus grande problématisation du corps féminin), sans dissimuler tout à fait la nécessaire soumission de l’épouse à l’autorité du mari, s’appliquant jusque dans les relations sexuelles.
On ne saurait cependant voir là un signe des limites de la seule pensée médiévale : la réticence de sociétés très diverses à considérer la réalité du viol ne pourrait-elle pas être liée à une répugnance à reconnaître le non-consentement féminin en général ?
Examinant la littérature médiévale et en particulier celle dite courtoise, Bernard Ribémont note ainsi « combien négative est considérée, moralement et esthétiquement, une femme qui refuse l’amour d’un homme » (Ribémont, 2007, 67). Qu’en est-il dans la pensée des populations du XVe siècle ?

Sans doute serait-il possible de trouver des exemples de maris qui refusent de rendre le devoir conjugal, quoique les sources soient discrètes sur le sujet. Les actes de la pratique médiévale donnent en tout cas l’occasion d’observer certaines femmes qui se refusent à leur époux, mais aussi, si l’on s’intéresse à la notion de consentement, des femmes que les sources présentent comme prostituées – et dont on ignore malheureusement si elles auraient accepté que le terme s’appliquent à elles – repoussant des avances masculines.

Si l’on veut bien suivre Judith Butler écartant l’argumentation de certaines féministes (Catharine MacKinnon en particulier) pour qui la dégradation que constitue la prostitution prive de la capacité de consentir, on est tenté en effet de « comparer l’aliénation de la sexualité dans le mariage et dans la prostitution » (Fassin, Feher [et Butler],2003), surtout que les « bourdeaux » médiévaux étant nés en partie pour juguler les viols collectifs (Rossiaud, 1988 ; Rochelandet, 2007, 30-39), on se demande quelle liberté les prostituées pouvaient bien avoir de refuser leur corps à un client.

Le parallèle possible entre prostitution et mariage, récemment réexaminé par Paola Tabet et Geneviève Fraisse (Tabet, 2004 ; Fraisse, 2007, 52-60), est également stimulant en ce qu’il permet d’approcher les moyens dont ces femmes usent pour exprimer leur désaccord – et pas seulement en termes sexuels –, et, surtout, les limites imposées à cette expression.

Ainsi peut-être pourra-t-on parvenir à comprendre cette certitude des hommes de l’Ancien Régime que Georges Vigarello a parfaitement mise en lumière, « celle d’une résistance suffisante de la femme face à un homme seul », certitude qui vise à nier l’existence même du viol (Vigarello, 1998, 58). Il a paru intéressant dans cette optique d’élargir un peu la perspective : les cas de violences domestiques sont d’ailleurs si rarement rapportés qu’il convient de s’interroger de manière générale sur les motivations du viol, individuel ou collectif, et sur les possibilités que les femmes ont de s’en défendre.


L’enquête utilise ici un corpus réuni au cours d’une recherche universitaire portant sur la violence féminine en Normandie à la fin du Moyen Âge.


Il s’agit de lettres de rémission, par lesquelles le roi, se mettant lui aussi en scène en affirmant notamment sa supériorité sur toute autre justice, est susceptible de pardonner toute infraction à ceux de ses sujets qui ont pris soin auparavant de solliciter la grâce dans un récit souvent révélateur des modes de pensée médiévaux.

Claude Gauvard a insisté en particulier sur ce qu’elles dévoilent de cette société à honneur où la violence est un mode de relation structuré et où le crime peut être effacé par le roi, ou au contraire très sévèrement châtié par la justice, dans les deux cas en accord avec la population. Le récit est par conséquent lui aussi codifié – d’autant sans doute que le soupçon de la diffamation plane toujours sur les affaires de viol –, mais il importe surtout qu’il se doive d’être crédible pour que le pardon puisse être obtenu (Gauvard, 1991 ; Davis, 1988).

Il exprime bien plus souvent le point de vue d’hommes que celui de femmes, notamment parce qu’ils font parler les armes bien plus souvent qu’elles (Hanawalt, 1976). Et les cas retenus ne démentent pas la règle : seules deux voix féminines sont ici mises en regard de sept voix masculines. Cette investigation ne prétend en conséquence pas offrir autre chose qu’une fenêtre ouverte sur des instants particuliers qui, conjugués à d’autres, pourraient encourager à l’ébauche d’une histoire, non plus celle des femmes ou des genres sexués, mais bien celle de la domination masculine dont l’apparence intemporelle et universelle apparaît comme une auto-légitimation.

La France au XVe siècle est un espace particulièrement intéressant pour cette question :

à la faveur de la guerre civile opposant Armagnacs et Bourguignons, les troupes anglaises parviennent, dans cette phase de la guerre de Cent Ans (1337-1453), à occuper une importante portion du royaume, ce qui participe alors à la construction confuse d’une identité française (Beaune, 1985), au moment même où la mise à l’écart des femmes hors de la sphère politique se théorise (Viennot, 2006).

Qu’en est-il alors de la politique dans le foyer ?


Le consentement mutuel, suivi de la consommation, qui fondent le mariage, semblent a priori garants de l’affection sincère que se vouent les époux.

Qu’en est-il plus généralement des rapports entre les sexes ?

De manière générale, la violence médiévale est une affaire d’hommes : à en croire certains auteurs, les femmes font d’ailleurs surtout preuve de violences à l’égard d’autres femmes…

On est donc très loin d’une guerre des sexes. Le terme même de domination masculine pourrait paraître anachronique : pour Claude Gauvard, « poser les rapports des hommes et des femmes en termes de supériorité ou d’infériorité n’est pas opérant, même en ces deux derniers siècles du Moyen Âge » (XIVe et XIVe siècles) (Gauvard, 1991, 346). Les stratégies utilisées par les suppliant(e)s pour se faire pardonner montrent cependant que le genre s’est juxtaposé au sexe naturel : pour ne donner qu’un seul exemple, l’ivresse apparaîtra aux juges comme une circonstance atténuante pour les hommes, aggravante pour les femmes (Davis, 1988, 189). Cette fin de Moyen Âge, loin de la violence débridée dont l’idée est désormais largement battue en brèche, répond en effet à un code de l’honneur dont hommes et femmes connaissent les règles, qui garantissent l’ordre social. Et les femmes semblent bien adhérer à cet ordre, ou du moins s’en accommoder.

Mais l’intériorisation de la sujétion n’est-elle pas une des manifestations de la domination ?


Quelques exemples ponctuels, à défaut d’être représentatifs de ce qui se passe quotidiennement dans une société, paraissent susceptibles de nous éclairer sur les conceptions des sexes et de la sexualité dont elle est porteuse.


La chancellerie de Charles VII est encore prête à l’admettre : après qu’une jeune femme a insulté et frappé l’homme qui lui a demandé sa « compagnie », après que ce dernier a rappelé les circonstances, passablement troubles, au cours desquelles il trouva « ladite femme qui estoit cheute a terre par le moien d’une basche ou autre chose qu’elle avoit rencontrer qui l’avoit fait cherre et prinst icelle femme par le poing et luy dist que ce n’estoit pas a elle ne autre de les appeler “traitres paillars anglois” […] et que, se elle estoit contente qu’il eust sa compaignie, qu’il lui pardonneroit tout et ne lui feroit plus riens », on accorde foi à celui qui refuse de reconnaître le crime, prétendant que la plainte de la jeune femme a été suscitée par ses ennemis.

Or traiter d’« Anglois » en 1453, dans la Normandie fraîchement libérée de l’occupation anglaise, un ancien « compaignon de guerre » au service du roi français, est de ces accusations gravissimes dont on envisage mal qu’elles soient sans cause, et qui se payent visiblement très cher.

Et au contraire de nombre de lettres de rémission où le récit du violeur entoure le crime des circonstances atténuantes que sont l’ivresse ou l’influence démoniaque, le narrateur se contente ici de rappeler que la jeune femme se trouvait « en une taverne qui estoit a ung moyne qui la y tenoit et la y avoit fait venir ».

Ce soupçon de prostitution suffit pour qu’accompagné des autorités locales que sont le sergent et le tabellion, l’ancien soldat aille exiger de coucher avec elle. Tout se passe comme si la prostituée ou, du moins, la « femme blasmee » n’avait plus la possibilité de refuser le commerce charnel et comme si ce dernier permettait à l’homme insulté de laver son honneur. Cependant, quoiqu’on puisse douter de la véracité de son récit, il prend soin d’y faire figurer le « consentement » (contente de lui), obtenu par la violence, de sa victime.

Si étienne Blantoup utilise en 1410 quelques arguments supplémentaires (l’ivresse, la tentation de l’« ennemi ») pour se faire pardonner d’avoir tenté de violer – seulement tenté ? Il n’est pas vraiment clair à ce sujet – Jeanne Nicole, âgée de 70 à 80 ans environ, c’est aussi parce que les violences dont il a fait preuve suite à la résistance de la vieille femme ont conduit à la mort de cette dernière. Concernant le fait qu’il se soit « mist en peine de congnoistre ladicte Jehanne charnelement et d’avoir sa compaignie en lui priant qu’elle le vousist faire de son bon gré ; laquelle ne se y volt consentir » et qu’il ait tenté de la forcer, l’argument se répète : « ladicte feue Jehanne estoit renommée d’avoir esté de dissolu estat », d’avoir commercé avec les « compaignons ». Quoique l’état de prostituée « atténue seulement la responsabilité du coupable, elle ne supprime pas l’existence du crime » (Gauvard, 1991, 335), on voit à quel point la femme blâmée l’est durablement et comme son consentement n’est pas libre. Il est d’ailleurs malheureusement impossible de vérifier que certains soupçons de légèreté ne sont pas imputés après le viol à des femmes dont ce même viol a sali la réputation (Dubois, 2006, 87-88)...

Le lit marital, lieu d’expression des discordes matrimoniales ?

6On pourrait penser que tout éloigne l’épouse légitime fidèle, dont l’appartenance à un seul homme est défendue par un cercle familial large, dont l’honorabilité préoccupe d’autant plus les hommes qu’elle rejaillit sur eux, de la femme publique (Bazàn, 2000, 438). Là où elles se retrouvent cependant, c’est qu’à la femme mariée n’est pas facilement non plus reconnu le droit de dire non à celui à qui elle a dit oui une fois pour toutes.

C’est du moins ce que laisse penser le plaidoyer de Jean Loquier en 1452.

Ce dernier a tué son épouse Néelle qui, quand il voulut « avoir charnellement sa compaignie », lui répondit « qu’elle vouldroit mieulx estre morte et qu’il fust pendu ». Dans la même lettre, Jean Loquier explique ce que sa compagne avait à lui reprocher : dix ans plus tôt, il avait tué le père de Néelle lorsque ce dernier l’avait surpris en compagnie de sa femme. La « marâtre » de Néelle avait d’abord crié puis, maltraitée par Jean, s’était tue, considérant que sa dénonciation risquait d’amener « a la perdicion de toute leur chevance [fortune] », commune aux deux familles. S’étant ravisée un an et demi plus tard, elle en informe Néelle, laquelle se refuse à son mari en lui rappelant que « se elle faisoit son devoir, elle le feroit pendre par sa gorge ». Plusieurs raisons peuvent être envisagées au silence des deux femmes : l’argument économique invoqué ne doit pas faire perdre de vue la peur que le déshonneur ne les entache. Quoi qu’il en soit, Jean Loquier parvient à se faire pardonner à la fois son adultère incestueux, le meurtre de son beau-père et celui de son épouse. Concernant cette dernière, la circonstance atténuante avancée est toute trouvée : le cas « procede de cas fortuit et de desobeissance en sacrement de mariage ». On pourrait s’étonner que Néelle n’ait pas trouvé d’autre moyen de s’opposer à son mari. C’est que refuser l’accomplissement du devoir conjugal est sans doute une transgression forte.


À Montoire-sur-le-Loir vers 1490, Colin Mosnier, s’étant aperçu quelque temps après son mariage que sa belle-mère était « femme lubricque », et que « les femmes de bien du pays fuyoient sa frecquentacion et compaignie a ceste cause », considérant « que sadite femme estoit jeune et aisee a seduyre »,interdit à son épouse Anne de la fréquenter, sinon à l’église ou en présence de « gens de bien ».

Anne n’obéit pas et en parallèle sa mère apprend l’interdiction et s’en émeut.

Les dissensions grandissent entre les deux lignages qui se retrouvent en procès aux assises de Montoire, où finalement l’accord arrangé par les proches vient préserver la paix... jusqu’au soir où Colin « voulut avoir son plaisir avec sadicte femme et qu’elle luy empescha ». Sans surprise, « debat se meut entre eulx tellement que ledit suppliant luy bailla ung soufflect de la main ».

Anne crie et Colin, renonçant à sa première volonté, se couche. Mais la mère d’Anne s’immisce dans la querelle où Colin la frappe à plusieurs reprises tandis que des proches viennent les séparer. La mort de la belle-mère de Colin intervenue quelques jours plus tard donne lieu au récit où il en demande le pardon au roi. Dans ces deux exemples, un conflit entre le mari et la famille de son épouse précède le refus, qui pourrait par conséquent se comprendre aussi comme un refus de procréer, à une époque où la procréation est « la fin première du mariage » (Gaudemet, 1987, 158) : il est d’ailleurs à noter qu’aucun enfant issu du couple n’est mentionné dans ces documents. On doit malheureusement s’arrêter ici aux conjectures.


Une voix féminine permet d’envisager d’autres raisons d’opposition au commerce charnel avec le conjoint. La Lyonnaise Guiette de Salles rapporte en 1500 comment son mari Gabriel Rousset, assidu des « taivernes et bordeaulx » où il a attrapé la « malladie de Napples » (la syphilis), s’est mis dans un état impressionnant lorsqu’ayant « dist qu’il voulloit coucher avec elle pour ce que de long temps avoit qu’il n’y avoit couché a cause de ladite maladie », elle « luy dist amyablement en luy remonstrant ledit danger de sa personne qu’il luy pleust atant s’en taire et qu’il n’y coucheroit point ». Elle se justifie en lui exposant le danger qu’il y aurait « d’en estre tous deulx entachez car l’un ne pourroit ayder a l’autre et luy dist que s’ilz l’avoient tous deulx qu’il les faudroit mener a l’ospital ». Gabriel Rousset répond « en jurant, blasphemant et detestant nom de Dieu et de ses saincts qu’il y coucheroit ». « Tout gracieusement », elle tente de l’en dissuader à nouveau.

Il prend alors « ung chandellier et luy gecta a la teste en la cuidant actaindre, dont elle s’en garda au mieulx qu’elle peut et, non content de ce, print ung baston » pour la battre. Elle décide de se réfugier chez son frère en attendant qu’il se calme.

Peine perdue !

Lorsqu’elle revient, il « print une pinte d’estaing, la voulut ruer contre ladite suppliante ce qu’il eust fait s’il n’eust esté empesché » par des témoins. Mais, « perseverant de mal en pis, par grande fureur, [il] print ung chandelier duquel il voullut frapper ladite suppliante ». Cette dernière se saisit d’un couteau dont elle donne un coup mortel à son mari. Certes son crime, gravissime, lui est pardonné. Ce qui n’interdit pas de constater l’exaspération suscitée. C’est que les raisons hygiéniques invoquées par Guiette n’étaient peut-être pas seules en jeu.


Car ne pas consentir à se donner à l’époux, c’est bien désobéir, et peut-être une des manières les plus cinglantes de le faire puisqu’il y a là rupture de l’union, en ce que l’« état de mariage implique bien l’accomplissement de l’acte sexuel » (Gauvard, 1991, 600). Au-delà, en prétendant à la liberté d’usage de leur corps, ce dernier fût-il un enjeu entre deux lignages, ces femmes s’opposent indéniablement à l’autorité maritale.

Et l’on sait ce que cette idée a d’insupportable : les maris battus sont châtiés par la communauté – essentiellement sa part masculine si l’on en croit la documentation – lorsqu’ils sont dominés par leurs épouses, se voyant promenés publiquement sur un âne, la tête tournée vers la queue de l’animal (Dupâquier,1995, 498 ; Voisenet,2000, 45 et suiv.). Or la même punition s’appliquerait notamment aux maris trompés (Grinberg 1981, 146) : on voit à quel point la désobéissance féminine est associée à la performance sexuelle masculine et comme la question du consentement des dominants à leur domination, appliquée à la situation médiévale, est importante.

La désobéissance féminine châtiée et provoquée

Il existe cependant d’autres moyens de résistance que de refuser l’union charnelle, et dans une perspective non plus de relations conjugales mais plus généralement de relations entre les sexes, on est tenté d’interroger les réactions masculines à la rébellion féminine.

Certaines femmes n’acceptent pas de servir le repas ou de lever la table tandis que d’autres refusent de participer aux travaux des champs, de la même manière pourrait-on dire que, dans les exemples précédents, elles refusaient le travail sexuel.

Du fait du corpus utilisé, on rencontre le plus souvent des réponses violentes de la part de ces hommes dont l’autorité a été bafouée, le châtiment ayant conduit à la mort de l’insoumise, ou à une fausse couche.

Mais la violence se fait parfois aussi sexuelle.

Thomas Le Cornaidel viole ainsi Marion de Bouligny au cours d’une dispute suscitée par le fait qu’elle refuse de répondre à une question indiscrète : il cherche en effet à savoir si Marion est enceinte de Pierre de Bouligny, son beau-père, et, au-delà, si Marion est, pour cette raison (sans doute faut-il comprendre que les ardeurs sexuelles de Marion, « femme de petite renommee de son corps », auraient affaibli Pierre), coupable de la mort de Pierre, que Thomas décrit comme « oncle de sa femme et le meilleur ami qu’il eust en ce monde ». Comme dans le premier exemple cité où une femme « blâmée » se voyait contrainte de « consentir » pour se faire pardonner ses offenses, il semble bien ici, où Thomas entend venger son meilleur ami en violant la responsable supposée de sa mort, que le viol n’est pas une simple pulsion libidinale, il révèle la détermination masculine à faire rentrer la rebelle dans le droit chemin.

Le viol est-il une expression de la domination masculine ?


Certes des femmes sont parfois complices de viols, en particulier ceux dont des jeunes femmes, voire des enfants, sont victimes (Gauvard, 1991, 336). Mais cela n’empêche pas de constater que le viol aura pour effet soit de conduire la victime à la prostitution, c’est-à-dire d’être une nouvelle femme « commune » à l’ensemble des hommes, soit de la faire « entrer dans la norme » (Gauvard, ibid., 336) du mariage, fût-ce avec son agresseur (Porteau-Bitker, 1988, 523-525). On pourrait également objecter que des hommes peuvent être violés mais, dans ce cas, le viol n’est jamais représenté comme cet « objet bon à penser et à représenter, paré de grâces et de douces émotions pour les hommes exclusivement » (Héritier, 2002, 81-82) qu’une femme victime donne l’occasion de produire.

De manière générale, rien n’interdit de penser que des femmes puissent être complices de la domination masculine... ni que des hommes en soient victimes jusque dans leur corps. Au demeurant, la documentation médiévale nous informe peu sur cette dernière question : Nicole Gonthier rappelle que si de « très rares cas de viols ou de tentatives de viols homosexuels viennent devant la justice [...] le crime de sodomie [...] emporte seul l’attention des juges et le partenaire, entaché du même crime, finit par être condamné aussi » (Gonthier, 1994, 10, n. 2). Ne pouvoir penser le viol qu’en termes de domination d’un homme sur une femme paraît d’ailleurs révélateur de sa fonction sexuée : ce crime ayant pour effet de faire rejaillir la honte sur la victime bien plus que sur le coupable (Héritier, 2005, 339-342), exclure que les femmes puissent en être coupables peut être envisagé comme un signe de la domination masculine ou, à tout le moins, de la définition des genres.


La menace de viol marque de manière encore plus flagrante l’autorité masculine que ce dernier entend manifester sur le corps féminin. À Orléans en 1479, lorsque l’épouse Piau se défend de donner à des hommes d’armes l’argent qu’ils lui demandent, ils menacent de « passer par dessus son ventre, combien qu’elle fust grosse d’enfant et preste a gesir ». C’est que le viol collectif relève lui aussi, sans doute plus souvent encore que le viol individuel, du châtiment. Pour achever d’en convaincre, malgré le contexte facilement identifiable des abus des gens de guerre sur le terrain conquis, Laurent et Jean Drugon se croient obligés de préciser, pour se faire pardonner d’être intervenus en faveur de l’épouse de leur voisin que deux Anglais tentaient de violer, que cette dernière « n’est pas bellicoseure ne irrigieuse ».Au-delà, on en vient à se demander si l’excitation sexuelle suscitée par l’agressivité féminine n’est pas une donnée fondamentale de la domination masculine : le viol vient parfois punir l’opposition à l’autorité des hommes tandis que les luttes entre femmes (que l’on n’appelle pas encore « crêpage de chignon »), moins menaçantes voire confortant cette dernière, attisent certaines formes de désir…

Quoi qu’il en soit, les hommes du Moyen Âge ne se privent pas à l’occasion de susciter le désaccord féminin de manière à pouvoir le contrer, fût-ce en utilisant des procédés qui déplacent la question sexuelle dans des directions qui ne facilitent pas la compréhension du lecteur cinq siècles plus tard. Aubert Halle raconte en 1499 comment, lors d’une banale visite dans le foyer de son cousin, il devise avec le groupe de femmes qui s’y trouve. Un petit chien survient. « Lequel ledit suppliant print et, en se jouant et esbatant avec sadite cousine et autres femmes dessus nommez, leur demanda, sans penser en aulcun mal, laquelle se seroit qui baiseroit ledit chien au derriere. » Mal en prit à Jeanne Aubin de répondre « que ce ne seroit pas elle ». « Et lors, icelluy suppliant, en se jouant, s’aproucha d’elle pour luy faire baisier ledit chien. » Elle se défend d’un coup de quenouille, il riposte à coup de chien, le débat s’envenime et les violences d’Aubert mènent à la mort de Jeanne. La pratique scatologique visait probablement à débusquer la sorcière cachée dans une célibataire de trente-cinq ans : le baiser à l’animal constitue en effet un épisode du sabbat et est en passe de devenir, en cette fin du XVe siècle, un quasi « apanage des femmes » (Voisenet, 1997, 298). Il importe surtout de remarquer que Halle, parmi l’ensemble des femmes présentes, s’en est pris à celle qui a dit « non ». C’est qu’il y a bien des défis masculins tendant à pousser les femmes à protester, de manière à pouvoir leur imprimer la domination masculine dans le corps et l’esprit : l’auteur du Mesnagier de Paris, sorte de manuel d’éducation à l’usage des femmes mariées de la fin du XIVe siècle, en donne des exemples innombrables. Ce sont ces femmes à qui leurs époux veulent faire faire des choses insensées en vue de tester leur obéissance et qui, immanquablement, se voient ridiculisées et blâmées d’avoir désobéi, même si toutes les parties entendent que l’ordre n’avait aucun sens. Ce sont aussi ces femmes qui ont obéi, fussent au prix de leur propre esclavage, et qui sont louées pour leur soumission. Il y a là une véritable éducation à la soumission.

Disproportion des forces ou conditionnements inégaux ?

En parallèle de ce que l’on éduque les femmes à se soumettre, on apprend aux hommes à méconnaître la résistance, à ne pas la comprendre : on leur apprend qu’une femme qui dit non pense oui (Ribémont, 2007, 170-171 et 178-185 ; Bazàn, 2000, 440).

Martin Le Franc, donnant la parole au « Champion des dames », le dit très bien : « Que s’elle est fiere et se recule / A part fuyant l’esbatement, / Vous dictes qu’elle dissimule / Et qu’elle l’entent aultrement » (Martin Le Franc, 1999, vers 7825-7828). Il n’y a pas lieu d’être surpris que de la violence s’ensuive. « Une femme peut elle tuer ung homme qui la veult efforcier, et elle deffent sa chastete ? Je tiens que ouy s’autrement n’y voit remede » répond Jean Gerson (Jean Gerson, ibid., 861).

Et les femmes ne répugnent effectivement pas à l’usage de la force.

En 1382, un Breton ayant soutenu à l’encontre de Jacquemin Gobillet qu’il aurait la compagnie de Marion La Garnière, compagne de ce dernier, une rixe éclate entre les deux hommes. Et quand Jacquemin demande l’aide de Marion, elle, « meue d’amour, et qui ne vouloit en aucune maniere consentir que ledit Breton eust sa compaignie charnelle, eust feri de son baton plusieurs cops ledit Breton ».

Quant à Jeanne Nicole dont on a déjà parlé, lorsqu’étienne Blantoup « se mist en peine de [la] congnoistre », elle n’hésite pas, malgré son grand âge, à le saisir « impetueusement par le metié et genitoire ». La réponse ne se fait pas attendre : il « print icelle Jehanne a deux mains par la teste et lui frappa la teste contre la paroy ».

Ce n’est pas la faiblesse du corps féminin mais la disproportion des réponses qui contraint les femmes au silence. Ainsi, le page d’un archer anglais, giflé par une femme qu’il venait d’insulter, va raconter « come il avoit esté feru » à son maître qui s’arme pour aller châtier la récalcitrante. Pourquoi un tel déséquilibre de forces ? Le coup féminin est d’autant plus grave qu’être frappé par celui qu’on veut croire faible est un « grant despit ». Bien plus qu’une inclinaison naturelle, le risque d’aggraver considérablement les tensions et d’en être les victimes toutes désignées conduit sans doute les femmes à être moins violentes que les hommes.

On pourrait penser que rien ne les empêche de participer elles aussi à la surenchère de la violence plutôt que de la subir.

Mais, outre la formation du corps dès le plus jeune âge, conjugué au port de vêtements handicapants et au déshonneur (et à l’exclusion sociale qui s’ensuit) qu’il y a à être une femme violente, le non-accès aux armes le leur interdit. Les femmes de la fin du Moyen Âge portent très rarement ce petit couteau tranche-pain que les hommes ont toujours sur eux (Gauvard, 1991, 314).

Consentement à la domination, donc, que de ne pas détenir les armes qui permettraient de se défendre (Tabet, 1998, 9-75 ; Evans, 2002) ?

C’est sans compter, d’une part, que la transgression ne passerait pas pour défensive mais bien offensive et, d’autre part, que les femmes de la fin du Moyen Âge n’ont probablement pas conscience que la faiblesse de leur corps est autre que naturelle : Christine de Pizan se félicite ainsi de l’« impotence » que « Dieu et nature » leur ont donné, « car à tout le moins sont-elles par cellui agreable deffault excusées de non faire les cruaultez orribles, les murtres, et les grans et griefs extorcions, lesquelles à cause de force on a fait et fait continuellement au monde » (Christine de Pizan, 2000, 67).

Or Christine de Pizan a bien conscience de la misogynie de la société qui l’entoure, même si elle ne l’exprime pas au XVe siècle avec ces mots. Mais la conscience de la domination n’équivaut pas à la prise de conscience des méthodes qui en font l’efficacité. De plus, il importe de remarquer que les sources dont l’historien dispose contraignent le narrateur, s’il veut être pardonné, à formuler son discours en adéquation avec la norme de la domination masculine : une femme pleinement consciente de cette domination et qui aurait choisi de s’y opposer de manière violente ne pourra en aucun cas exposer sa désobéissance dans ces termes.

L’appel à l’aide, révélateur de solidarités genrées

Il reste la possibilité de faire appel à un homme. Il s’agit là sans doute du meilleur moyen pour une femme de refuser sans transgresser. Quelques exemples montrent cependant que des règles sont à respecter, lesquelles limitent sensiblement la portée du refus. Revenons sur ce qui arrive vers 1421 à cette femme que deux Anglais « s’efforcerent de violer et ferir » bien qu’elle ne soit « pas bellicoseure ne irrigieuse» :

« Et en repellant a leur force, combien que ses voisins et voisines oyssent bien la noise et tumulte que faisoit ladite femme dudit Ingier, elle yssy de sondit hostel, criant et requerant l’aide de ses voisins et amis, ainsi que eulx et chascun d’eulx vouldroient estre fait pour eulx au cas semblable, en faisant, criant brait et clamour ».

Il est bien précisé que « voisins et voisines » entendent, et pourtant, seules les femmes réagissent :

« Auquel cry les femmes voisines se assemblerent et pour vouloir resister a la male entreprise desdis Anglois ou autres, doubtant que se ainsi ne aidoient ou secouroient a ladite voisine a son besoing, elle ne leur vouldroit aidier une autre foiz en cas semblable, gecterent ensemble un grant brait et clameur, requerant nostre aide, ainsi que noz homez et subgiez ont acoustumé fere en tel cas en notre pays de Normandie quant on leur fait tort et ilz ne puent resister a la fureur de ceulx qui violentement les depredent et dessaisissent par force indeuement contre la coustume de nostredit pays ».

Le « nous » est celui d’Henri VI, dont les troupes ont conquis la Normandie entre 1417 et 1419. On reconnaît le haro dans le cri coutumier qui, tel que le roi le décrit, est un moyen de dire « non », et surtout de saisir immédiatement la justice, obligeant les voisins à intervenir c’est-à-dire, en théorie, à séparer les opposants et les mener à la justice (Pissard, 1911 ; Toureille, 2003, 169-178).

À ce cri, « vint ledit Ingier », époux de l’agressée, lequel « considerant que contre la male entreprise desdis Anglois ne povoit resister sans aide, se alia desdis Laurens et Jehan Drugon ». Ils se rendent tous trois au domicile d’Ingier où les femmes, qui tentent de reprendre les biens volés par les Anglais, frappées par ces derniers, crient « a l’aide ». Étant donné l’honnêteté de son épouse et « que sans cause raisonnable elle n’eust voulu crier ou appeler nostre aide, icellui Ingier, presumant que sadicte femme eust esté prise par force », demande aux Drugon de le venger des agresseurs.

« A quoy icellui Ingier et lesdis Drugon, considerans que l’en pourroit fere a eulx et leurs femmes en cas pareil, se accompagnierent d’un mesme voulenté et coururent sus a iceulx Anglois, et telement que, en la chaude et fureur de ce, iceulx deux Anglois furent tuez »

 Là encore, le texte est rédigé de manière à faire état de la tempérance des meurtriers. Mais on ne peut s’empêcher de noter à quel point les solidarités sont restreintes par la considération du genre : les femmes viennent à l’aide d’une femme en pensant à ce qui pourrait leur arriver, les hommes en font de même. Une situation très comparable peut être exposée beaucoup plus rapidement : lorsqu’un groupe d’Anglais entreprend de piller un village et de violer la sœur du suppliant, les hommes ne réagissent qu’après que « plusieurs autres femmes » ont protégé leur voisine

. Peu importe la réalité des faits ou la faible représentativité de deux exemples : la manière dont sont construits les récits met en exergue ce qui est vraisemblable aux yeux de la chancellerie royale (Braun, 1984 ; Gauvard, 1991). En l’occurrence, que les hommes ne viennent pas systématiquement à l’aide d’une femme, même si la justice les y contraint normalement. Que les femmes doivent agir collectivement pour les faire intervenir en faveur de l’une d’entre elles. Concernant l’épouse Ingier, il faut attendre que le mari requière l’aide des hommes pour qu’ils s’y résolvent. Un dernier exemple montre à quel point l’appel aux hommes ne garantit pas l’effectivité de leur secours : en 1382, dans la Beauce, Mahyet de Marquivillier, capitaine de forteresse, permet à des hommes d’armes de s’emparer d’une chambrière, Alips. Celle-ci demande de l’aide à Mahyet qui lui répond « Alez ! mamie, levez sus, ne vous laissiez pas trayner » (Verdon, 1991, 219-220).

Il ne faudrait cependant pas généraliser cette attitude, et les hommes peuvent aussi défendre la victime qui a réclamé leur assistance.

Deux situations se présentent alors : leur intervention peut permettre de poursuivre la plainte en justice ou bien se solder par une aggravation du conflit entre hommes et à la mort d’un des protagonistes.

Dans le premier cas, la difficulté des hommes de justice de la fin du Moyen Âge à convenir du viol laisse peu d’espoir de voir reconnu le bien-fondé de la plainte (Vigarello, 1998). Dans le second, le sujet féminin n’est plus considéré par la documentation et le non-consentement féminin est évoqué rapidement, simple circonstance atténuante au crime50. Ce sont justement ces limites qui ont fait écrire à certains historiens, considérant la criminalité féminine dans son ensemble, que « les femmes désignent aux hommes le crime à commettre » (Muchembled, 1992, 243), qu’elles « entretiennent souvent cette atmosphère de querelle » (Quéniart, 1998, 138), que leur comportement, « très largement fondé sur la complicité ou la déloyauté, tient autant à leur tempérament plus émotif, à leur manque de vigueur physique qu’à leur manque d’autonomie dans une société où elles n’occupent qu’une place marginale » (Porteau-Bitker, 1980, 15). On voit que si certaines ont réussi à faire respecter leur volonté, elles l’ont, historiographiquement parlant, payé bien cher.

 

Pour les femmes en effet, ne pas consentir équivaut à désobéir, et c’est probablement la raison pour laquelle les épouses n’ont pas nécessairement la possibilité de repousser les avances de leur mari davantage que les prostituées celles de clients potentiels.

Si l’on tient compte du chiffre noir que constitue le viol marital, les épouses ne sont sans doute pas aussi protégées qu’on a bien voulu le faire croire. Ce qui est certain, c’est que l’affrontement physique achève de démontrer que tout est fait pour exclure les femmes de l’expression du désaccord par l’exercice de la force : l’absence d’armes les contraint à une violence qui a pu être jugée « particulièrement primaire » (Gonthier, 1984, 33), loin des beaux faits masculins d’autant plus pardonnables qu’ils apparaissent comme l’émanation d’un honneur qui en ressort grandi (Bourdieu, 1998, 57). Celles qui agissent seules suscitent pour leur part des brutalités redoublées auxquelles elles ne peuvent répondre sans se marginaliser dans une société où la survie n’est pas possible sans le groupe.

La théorie de l’imbellicitas sexus (Lebigre, 1992, 35-51 ; Carbasse, 2000, 228) se révèle ainsi bien loin de la manifestation d’une indulgence bénéficiant à un sexe que l’on s’efforce de croire faible, elle est en réalité exclusion imposée aux femmes de la sphère des êtres dotés d’une détermination qui s’exprime notamment par la violence. La subversion seule semble permettre un usage masqué de la volonté, tant et si bien qu’il passe trop souvent à l’historien pour une traîtrise qui fonde l’éternel féminin. À travers les exemples évoqués, la question du consentement féminin à la fin du Moyen Âge pourrait bien révéler un de ces arguments de la domination masculine qui sont propres à en asseoir la perpétuation, voire le renforcement, car si les hommes ont tant besoin d’affirmer leur autorité, c’est peut-être qu’elle est encore, en cette fin de Moyen Âge, imparfaitement établie, à leurs yeux du moins.

 

Bibliographie

Baladier Charles, Érôs au Moyen Âge, amour, désir et « delectatio morosa », Paris, Le Cerf, 1999.

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Référence électronique

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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 08:17


Shi Liang (1900- 1985) est originaire de Changzhou, dans la province du Jiangsu.
Elle assume les fonctions suivantes : vice-présidente du Comité permanent des 5ème et 6ème Assemblées populaires nationales de Chine, vice-présidente de la 5ème Conférence Consultative politique du Peuple chinois (CCPPC), et première ministre de la Justice du gouvernement central de la République populaire de Chine.
Elle est l’un des précuseurs et dirigeants du mouvement des femmes chinoises. Cette célèbre femme politique est aussi un juge renommé.
Elle commence sa carrière de juge en 1931. En 1936, elle est arrêtée par le gouvernement du Kuomingtang pour avoir dirigé le mouvement contre le Japon.
Après la Fondation de la Chine nouvelle, elle devient le tout premier ministre de la Justice du gouvernement central populaire et membre de la Commission politique et législative du Conseil des Affaires politiques d’Etat.
Elle est représentante de la 1ère à la 6ème Assemblées populaires nationales (APN) de Chine, membre permanente de la 2ème à la 4ème APN de Chine, vice-présidente du Comité permanent et vice-présidente de la Commission des Loi de la 5ème APN. Elle est élue vice-présidente des 5ème et 6ème APN de Chine. Elle est membre permanent de la 1ère à la 4ème Conférence consultative politique du Peuple chinois (CCPPC), et vice-présidente de la 5ème CCPPC. Elle est membre du Bureau politique du 1er Comité central, vice-présidente du 1er au 3ème comité central, et présidente du 4ème et du 5ème comité central de la Ligue Démocratique de la Chine, et vice-présidente de la 1ère à la 4ème Fédérations nationales des femmes de Chine.

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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 19:03
Le mot Queer (signifie étrange, bizarre, est une insulte reprise par les gays/bi/trans pour leur mouvement) est passé dans la langue courante grâce à la télévision et les médias.
En effet, en 2004, nous avons vu arriver sur nos écrans français l'émission de relooking intitulée "les Queers".
Plus récemment la série Queers as Folk remet le mot au goût du jour.


Avec la banalisation de ce terme, il devient pour la plus grande majorité du public un synonyme de gay et lesbien, "propres sur eux, à la mode et dans le vent".
Mais le mouvement Queer a une histoire, des origines et prend de l'ampleur.

Nous trouvons important de définir le mouvement Queer car derrière "cette mode", il y une théorie qui est, contre féministe.

Pélénop est contre le mouvement Queer.

 Reprenons depuis le début....

En 1969, dans le bar Stonewall de New York, la police arrêta des gays et lesbiennes.
Le motif de l'interpellation était le port de vêtements masculins pour des femmes et de vêtements féminins sur des hommes. Cela créa une émeute. Depuis cette date, les gays, bi, trans célèbrent cet événement par la gaypride ou marche des fiertés.
Encore une fois, la médiatisation de cet événement réduit les Queers à une fête, mais cela est plus complexe.

Selon Léo Thiers Vidal, le mouvement Queer "renvoie à une appartenance de discours et de pratiques associées à la transgression des frontières de la différence des sexes et de l'hétéronormativité [...] être Queer c'est mélanger les genres.[...] contre tout essentialisme des catégories par son insistance sur l'aspect performatif des pratiques sur le corps et des discours revendiquant de choisir son genre."
Contrairement au mouvement LGBT (Lesbien Gay Bi Trans), le mouvement Queer n'a pas d'historique dès le 19ème siècle. Leur idéologie prend racine dans le mouvement féministe américain des années 1980. Ces féministes refusaient la discrimination, quelle qu'elle soit, y compris sexuelle et genrée. Leur théorie était que le fait de vivre dans une société hétérosexuelle majoritaire, donc patriarcale, admettait forcément l'oppression que les femmes subissent. Elles refusaient la perception hétérocentrée.
Le mouvement a une "inspiration philosophique post foucaldienne du discours qui norme et fixe les comportements (hétéro)sexuels et produit du pouvoir." Léo Thiers Vidal continue en expliquant que le Queer "rejette la conception du pouvoir comme une opposition binaire et globale entre les dominateurs et les dominés".
Donc le mouvement Queer ne comprend des homosexuel-le-s et des hétorosexuel-le-s (refusant l'hétéro-pouvoir). L'important pour illes est de ne pas être identifié par leur genre, d'où leur look non identifiable comme masculin ou féminin.
La pensée Queer met l'accent sur la performativité, la sexualité, le discursif et se croit indépendant des structures sociales pour se libérer de l'oppression patriarcale. Mais ce mouvement prône le sado-masochisme lesbien comme effet thérapeutique. En pratiquant la violence comme dialogue consenti, les femmes pourraient selon eux, se débarrasser des traces de violences subies par le patriarcat et les hommes.
De plus, la pornographie est prônée comme moyen de libération des femmes, comme moyen d'émancipation.

Le féminisme nous concerne TOUT-E-S quelque soit notre séxualité. Le féminisme ne doit se ghettoiser mais se populariser. Pélénop est contre toutes formes de violence, même assumée dans une sexualité! Pénélop est contre la prostitution qui est une conséquence du capitalisme ! Pélénop est contre la pornographie !
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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 07:09
" Mais tout cela n'est encore que la moindre des choses. Les conséquences morales du travail des femmes dans les fabriques sont beaucoup plus graves. La réunion des deux sexes et de tous les âges dans un atelier unique, l'inévitable promiscuité qui en résulte, l'entassement dans un espace étroit d'êtres à qui n'a pas été dispensé aucune éducation ni intellectuelle ni morale , ne sont pas précisément faits pour exercer une heureuse influence sur le développement du caractère féminin.


 Le fabricant ne peut, même s'il ouvre l'oeil, intervenir qu'en cas de scandale évident; il n'y a pas l'occasion de connaître, ni pa conséquent d'empêcher, l'influence durable, moins frappante, des caractères libertins sur ceux qui sont plus moraux, et notamment sur la jeunesse.
Or, c'est précisément cette influence qui est la plus pernicieuse. Le langage courant dans les fabriques a été, de plusieurs côtés, qualifié par les commissaires de fabriques en 1833 d'"indécent" de "mauvais", "de sale",etc. ( Cowelle, p 35-37 et en beaucoup d'autres endroits). La situation est, en petit, la même que nous avons vu en grand dans les villes.
La centralisation de la population a les mêmes effets sur les mêmes gens, qu'elle s'exerce sur eux dans une grande ville ou dans une fabrique plus petite. Si la fabrique est plus petite, la promiscuité est plus grande, et les rapports plus forcés.
Aussi les suites ne manquent-elles pas.
Un témoin de Leicester dit qu'il aimerait mieux voir ses filles mendier qu'aller à la fabrique : les fabriques devenues ce qu'elles sont (Power, page 8); un autre à Manchester, "n'hésites pas à affirmer que les trois quarts des jeunes ouvrières de 14 à 20 ans sont déflorées" (Cowell, page 57).
Le commissaire Cowell exprime d'ailleurs l'avis que la moralité des ouvrières d'usine est assez inférieure à la moyenne de celle de la classe ouvrière (p.82) et le Dr Hawkins dit (p4) :
" On peut aisément réduire en chiffres l'estimation à faire de la moralité sexuelle, mais, si j'en crois mes propres observations et l'opinion générale de ceux à qui j'ai parlé, ainsi que toute la teneur des témoignages qui m'ont été fournis, l'idée à se faire de l"influence qu'exerce la vie d'usine sur la moralité de la jeunesse féminine est extrêmement décourageante."

On comprend, d'ailleurs, que le travail en fabrique, comme tout autre, est plus que tout autre, attribue au patron, le jus primae noctis.
Le fabricant est, à cet égard aussi, le maître du corps et des charmes de ses ouvrières.
Le renvoi est une peine assez forte pour triompher, dans neuf cas sur dix, sinon des 99 cas sur 100, des scrupules de filles qui n'ont pas, par ailleurs, de grandes dispositions à la chasteté. Si le patron est assez bas, - et le rapport est assez bas, - et le rapport de la commission cite de nombreux cas- sa fabrique est en même temps son harem ; que tous les fabriquants ne fassent pas usage de leu droit ne change en rien la situation par rapport aux jeunes filles. Au début de l'industrie manufacturière, où les fabricants étaient presque  tous des parvens sans éducation et sans égard pour l'hypocrisie sociale, ils ne se sont laissés arrter par rien dans l'exercice d'un droit qu'ils avaient qu'ils avaient "bien gagné".

Engels : la situation de la classe laborieuse en Angleterre, Oeuvres, t IV, p 144-145 (Edit All) edit Costes. t II p 29-31.
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 08:04
Texte écrit par Elsa Dorlin. Source

"Tous les candidats de droite et d’extrême droite à l’élection présidentielle semblent tout particulièrement préoccupés par la liberté des femmes et développent une sensibilité et une attention quasi obsessionnelles à l’égalité des sexes. Tout se passe comme si la condition des femmes était devenue, comme par magie, une priorité nationale en matière… de justice sociale ? Non, d’ « immigration ». Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy, Philippe de Villiers, principalement, n’ont de cesse de nous rappeler que l’égalité des sexes est un principe constitutif de « notre » nation et de « notre » culture, voire un trait distinctif de « notre » civilisation, chrétienne s’il en est.
Que les femmes sont « chez nous » traitées comme les égales des hommes, qu’elles jouissent de tous les droits comme de tous les privilèges. Aussi, désormais, l’une des conditions d’admission sur « notre » territoire des populations immigrées sera le respect inconditionnel de ce qui relève, à les entendre, de l’essence de l’Occident : l’égalité des sexes.
Pour certains, les candidats à l’immigration en France devront signer un pacte dans lequel ils s’engagent à respecter ce qui est présenté comme une « coutume » bien de chez nous : le respect des femmes. A l’image des Pays-Bas, on leur diffusera des vidéos de femmes, seins nus sur les plages de la côte d’Azur, ou encore de deux hommes s’embrassant tendrement sur la bouche, pour tester leur tolérance à la modernité.

La campagne présidentielle française se fait ici l’écho d’un processus déjà bien entamé. Tout a commencé avec l’Afghanistan et la guerre déclarée de Bush contre les Talibans au nom du droit des femmes [2], véritable cache sexe d’une croisade impérialiste, cela s’est poursuivi avec le projet de constitution européenne, dans lequel on pouvait lire que l’égalité des hommes et des femmes était un principe constitutif de la culture et de l’histoire européenne sans pour autant qu’il soit suivi de mesures constitutionnelles concrètes et ambitieuses en la matière [3].
On assiste donc à la racialisation d’un principe politique, celui de l’égalité des sexes et, dans une moindre mesure, des sexualités : l’égalité des hommes et des femmes est devenue un trait culturel voire un patrimoine génétique hérité de la race des Francs ou des Gaulois.
Les politiques les plus nationalistes et les plus sécuritaires se font au nom des femmes.
Or, cette captation raciste du combat féministe historique, de nos mouvements, de nos luttes, de nos victoires a trois effets majeurs.
Premièrement, elle vise à instrumentaliser le féminisme dans le cadre d’une rhétorique au service d’un discours raciste plus ou moins déclaré. Quand Marine Le Pen se fait le héraut de la cause des femmes, elle séduit à peu de frais un électorat féminin traditionnellement moins enclin à voter pour le FN, elle recouvre par là même les propositions de son programme qui visent à favoriser le retour à la maison massif des travailleuses, à limiter drastiquement le droit à l’avortement, à favoriser une politique familialiste donnant la priorité aux «mères françaises».

Deuxièmement, la captation par les partis de droite de ce discours au parfum féministe a pour conséquence d’occulter totalement la réalité des inégalités, des discriminations et des violences dont font toujours l’objet les femmes, mais aussi toutes les autres minorités sexuelles (gays, lesbiennes, transsexuelles), « chez nous ». A ce titre, le cas des violences sexistes, homophobes, lesbophobes ou transphobes est paradigmatique. La focalisation quasi exclusive des politiques sur des violences « exotiques », telles que la lapidation, l’immolation, l’excision… a pour effet de nous faire croire que la violence sexiste, notamment, est l’apanage du « garçon arabe » [4], qui hante les halls et les caves des cités HLM à la solde d’Al Qaïda, de « l’immigré africain » polygame et adepte de vaudou, de « l’antillais rmiste » alcoolique et jovial ; que seules désormais les femmes noires, descendantes de l’immigration coloniale, migrantes ou réfugiées « doivent » s’émanciper en se libérant de « leurs » hommes.
Or, les enquêtes sociologiques menées depuis plusieurs années ne cessent de le rappeler [5] : la violence sexuelle (attouchement, viol, harcèlement, etc.) n’a ni couleur, ni origine ; elle est transversale à toutes les classes sociales. La violence conjugale tue une femme tous les trois jours en France – faut-il le rappeler, Bertrand Cantat ne venait pas de la cité des 4000. Et, si les femmes sont davantage exposées à la violence verbale ou physique dans l’espace public lorsqu’elles vivent en grande précarité, il n’en demeure pas moins qu’il n’y a pas d’angle facial du sexisme, comme au bon vieux temps de l’anthropométrie raciste du XIXe siècle.

Troisièmement, la prise en otage de certains thèmes féministes par les partis de droite a pour effet de racialiser le féminisme lui-même, en orchestrant un choc des civilisations entre le voile et le string, taillé de toute pièce. Ainsi, quand le FN lance à l’automne 2006 une campagne d’affichage, il choisit, entre autres, une jeune « beurette » cheveux lâchés, tee-shirt court, pantalon taille basse, piercing, pour incarner le slogan frontiste. Il s’agit là d’exhiber une figure féminine de l’assimilation clairement opposée à celle de la « jeune fille voilée », réputée hostile à la prétendue laïcité républicaine, stigmatisée comme suppôt de la domination masculine.


A en croire les partis de droite, le féminisme est donc consubstantiel à l’« Occident ». Mais de quel féminisme parle-t-on ?
De ce même féminisme dans lequel s’est drapé l’armée française en Algérie à la fin du XIXe siècle pour aller « civiliser » ces « barbares d’Arabes » qui séquestraient et voilaient leurs femmes et leurs filles ?
Ce sont les mêmes militaires, politiques et administrateurs coloniaux qui voulaient libérer les femmes de « leur culture » et qui, « de retour dans leur ‘mère patrie’ […] ont été les plus fervents opposants aux luttes féministes de la première vague » [6], pour les droits civils et civiques des femmes. En face, en « Orient », exactement les mêmes partis de droite néoconservatrice répondent aujourd’hui du tac au tac que la dignité des femmes est chaque jour tout autant bafouée en « Occident », comme en témoigne, selon eux, la publicité ou la pornographie. Le problème n’est évidemment pas civilisationnel, ou même culturel, on l’aura compris, mais bien politique. Nous savons que sur nombre de combats, ces droites du monde entier avancent main dans la main contre les revendications des mouvements féministes, gays et lesbiens ; qu’il n’y a pas de meilleurs alliés que Benoît XVI, Bush, Le Pen ou Ahmadinejad sur les questions d’avortement ou de mariage homosexuel [7].

Or, les effets politiques de ces discours de haine sont catastrophiques pour le féminisme lui-même, car, comme on l’a vu récemment sur « l’affaire du voile », ils hypothèquent les coalitions, tant internationales que nationales, entre les divers mouvements des femmes, en insufflant dans ses rangs le soupçon d’ethnocentrisme – les féministes « françaises » n’auraient pas à donner des leçons d’émancipation si celle-ci se résume au droit de porter une mini jupe ; inversement, les féministes « voilées » ne seraient pas des « vraies » féministes – ni même de « vraies » françaises, selon leurs détracteurs, car elles exhibent une image soumise des femmes.
Sortir de cette aporie infernale, c’est d’abord refuser cet antagonisme ethnicisant et fallacieux qui opposent les « blanches » et les autres, les « occidentales » ou les « françaises » et les « musulmanes »…, c’est d’abord décoloniser un certain féminisme français qui s’est laissé séduire par ce pseudo discours victimaire de droite et refuser que la lutte contre le sexisme fasse le lit du racisme et de la chasse à l’immigré.
Il s’agit donc de refuser de penser la libération des femmes dans les termes mêmes que nous imposent l’extrême droite, et qu’elle impose à la scène publique, en dénonçant ce qui de fait est contradictoire avec tout projet féministe : l’identité nationale.
Cela étant, si la rhétorique de la droite lepeniste ou sarkozyste sur l’égalité des hommes et des femmes bénéficie d’une telle audience, c’est qu’elle joue aussi sur les atermoiements de la gauche majoritaire. Dans une certaine mesure, parallèlement à la diffusion dans la société d’une certaine conscience féministe – même si cette dernière ne s’identifie pas au féminisme historique –, la mise en minorité d’un engagement féministe radical à gauche a permis qu’un féminisme de mascarade émerge à droite.

En 2007, qu’en est-il de l’application de la nième version de la loi Roudy qui, dans sa version initiale de 1983, entérinait un principe de justice pour lequel les mouvements féministes se mobilisent depuis plus d’un siècle déjà : à travail égal, salaire égal ?
Qu’en est-il des mesures concrètes de lutte contre le plafond de verre ?
Qu’en est-il de la mise en place d’une véritable politique de garde collective à l’échelle nationale, quand tant de femmes ne trouvent pas de place en crèche pour leur enfant ?
Qu’en est-il d’une véritable solidarité avec les femmes du Sud qui viennent justement soigner « nos » intérieurs, « nos » mioches, « nos » vieux et « nos » malades ?
Qu’en est-il d’une éducation sexuelle digne de ce nom au collège ? Qu’en est-il d’une politique efficace de lutte contre le sexisme proposant, par exemple, aux grands fabricants de jouets une charte de l’égalité des sexes et des sexualités, pour qu’ils cessent d’inonder les magasins de nécessaires à ménage rose pour petite ménagère modèle ?
Qu’en est-il de la parité « privée », quand 80 % du travail domestique est toujours dévolu aux femmes ?
Qu’en est-il du sauvetage de la spécialité de gynécologie médicale et de la revalorisation de la carrière des médecins pratiquant les IVG ?
Qu’en est-il du remboursement de la pilule ? Qu’en est-il de l’accès non seulement à l’adoption, mais à la procréation médicalement assistée pour les couples gays, lesbiens, mais aussi transsexuels ?
Qu’en est-il justement de la dé-psychiatrisation des trans identités, quand on sait que le « transsexualisme » figure encore dans la classification de l’OMS des maladies mentales ?
Pour faire contrepoids à la rhétorique féministe des partis de droite, qui barbarisent des groupes sociaux ou des peuples au nom des femmes, qui décident de qui sont les civilisés et qui sont les incivilisés, la féminité empathique de telle ou telle candidate ne suffira pas : un réel engagement anti-sexiste et anti-raciste est plus que nécessaire dans le cadre d’un véritable projet de gauche et, ici et maintenant, dans le campagne, pour empêcher qu’une politique rétrograde d’exclusion sociale ne se fasse en notre nom."


* Philosophe maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre du réseau féministe NextGenderation.
[1] Je reprends ici le titre du texte manifeste « Pas en notre nom ! », lancé le 8 mars 2005 par le réseau féministe NextGenderation à l’occasion de la journée internationale des femmes au moment de la campagne pour la constitution européenne. Texte disponible en ligne : http://www.nextgenderation.net/projects/notinournames/francais.html
[2] Cf. Christine Delphy, « Une guerre pour les femmes afghanes ? », Nouvelles questions féministes, vol. 21, n°1, 2002.
[3] NextGenderation, « Pas en notre nom ! », op. cit.
[4] Voir Nacira Guénif et Eric Macé, Les Féministes et le garçon arabe, Paris, l’Aube, 2004.
[5] Maryse Jaspard (dir.), Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France, (ENVEFF), Paris, La documentation française, 2003.
[6] NextGenderation, « Pas en notre nom ! », op. cit.
[7] Cf. Eric Fassin, « La démocratie sexuelle et le conflit des civilisations », Multitudes, n°26, 2006/3.
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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 09:51
Née le 9 avril 1944 à HaÏfa.
Elle vit actuellement en Jordanie.



En 1969, elle est la première femme à détourner un avion. Elle réitère en 1970.

Elle enseigne au Koweit qu'elle quitte en 1969 pour suivre un entraînement militaire dans une base du FPLP en Jordanie.
Le 29 août 1969, avec le boxeur Salim Issaouï, elle détourne un boeing 707 (liaison LA / Tel AViv). A Damas, ils font sortir les passagers et font sauter l'avion.
Le 6 septembre 1970, après une opération de chirurgie esthétique, elle essaie de détourner, avec un américain d'origine nicaraguayenne, Patrick Arguello, le vol 219 Amsterdam/ NY.
Ce fut un échec, Arguello fut tué et Khaled arrêtée.
Le 1 er octobre 1970, le governement britannique la libère contre des prisonniers.
En juin 1971, elle planifie l'action d'un commando FPLP contre le pétrolier sur la mer rouge.

" Pour faire évoluer les vieux rapports de productions qui entourent notre société, il faudra éveiller à la révolte tous ces éléments révolutionnaires. La question de l'émancipation des femmes ne peut être laissée en dehors car la libéation des femmes et partie intégrante de la libération de tous." Notre chemin.
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 08:28
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 20:34
Ce samedi 17 octobre 2009, se tiendra La manifestation pour le droit des femmes, sur la place de la Bastille.
Cet événement parisien est à l'initiative du collectif national pour le droit des femmes et des femmes solidaires.
tract

Le tract rose bonbon-layette, couleur attrayante pour la femme comme chacun-e sait, expose les raisons de participer à cette manifestation.
Dès le petit texte d'introduction, les chiffres s'ajoutent pour mettre en avant le sort tragique des femmes ( travailleuses pauvres souvent à temps partiels, faibles retraites, femmes battues, femmes violées).
Mais cela ne laisse aucune place pour les contradictions que nous ressentons en tant que femmes au quotidien dans nos vies.
Devons nous minorer les préjudices que nous subissons ?
Non, le sexisme fait parti de notre quotidien !

Ensuite, le collectif étale les grands titres, les raisons de cette manifestation :
Parce que nous vivons une situation de crise (première crise historique économique aussi forte et durable selon elles), les femmes sont reléguées au second plan.
Asseoir le droit des femmes de manière insitutionnelle serait "la réponse à la crise sociale par l'ateinte à l'égalité".
La sitation économique n'est jamais vue sous un autre point de vue que celui du capitalisme. L'Etat serait, pour elle, le sauveur des femmes.
La sociale démocratie n'est jamais remise en cause !
Ce que réclame le collectif national pour le droit des femmes et des femmes solidaires sont des concepts généraux.
Nous ne devons rien attendre de l'Etat bourgeois.

Certes leurs intentions sont louables mais arriérées et réformistes :

- la liberté :
La femme deviendrait libre quand elle disposera de son corps (par la contraception, l'avortement, le choix de sa sexualité).
Mais c'est par notre émancipation que nous deviendrons libres ! Sous le communisme !

- l'autonomie :
Automie financière, gain de temps par diminution des tâches ménagères seraient les atouts majeurs de notre autonomie?
Ceci est un point de vue sexiste et viriliste !
Non, nous ne sommes pas des capitalistes voulant plus d'argent et moins de vaisselle !
Ne nous laissons pas diminuer à des choses aussi basses que cela !
Soyons fières de nous ! Voilà ce qui nous conduira à l'autonomie: notre fierté, notre émanicpation, notre défense contre le patriarcat !

- la dignité :
La dignité ne s'acquiert pas par une loi sociale-démocrate !
Nous sommes dignes, soyons-le, restons le !

- La laïcité :
Voilà le volet raciste exposé sous le couvert de la loi de la séparation de 1905, Etat-Eglise !
Cette partie vise à dénoncer le sort de nos soeurs musulmanes qui porterait préjudice au droit des femmes par le port du voile, par exemple.
Encore une fois, elles font appel à l'Etat pour remédier à cela !
C'est une honte ! Ceci est du racisme !

- l'égalité :
les discrimations sexistes et lesbophobes ne seront jamais résolues par une loi !
C'est un combat que nous devons mener au quotidien par des révoltes populaires, des unions !

- la solidarité :
la France comme "terre d'asile aux femmes migrantes" serait une preuve de solidarité.
Non ! La solidarité nous l'avons, entre nous, entre tou-te-s les opprimé-e-s du monde entier ! La solidarité ne s'oblige pas mais est! Nous sommes !



Oui le Mouvement de Libération des Femmes a apporté énormément aux femmes, nous ne renions en aucun cas cela!

Oui Le mouvement féministe a un passé dont nous ne devons pas faire table rase mais avancer !

Notre futur n'est pas et ne sera pas assuré dans un état capitaliste patriarcal (ces mots ne sont jamais pronocés dans la tract!), notre futur se bâtit sur notre présent pour préparer le communisme !

Notre émancipation, notre lutte contre le sexisme (et non contre des "préjugés sexistes") sont des combats quotidiens qui ne se résument pas à une manifestation parisienne soutenue par des partis politiques, syndicats, mouvements de femmes pour la plus grande majorité, sociaux démocrates !
Par pelenop - Publié dans : Actualité
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