MARIE BONAPARTE

Publié le par pelenop

Une fois n'est pas coutume, je fais,ici, le portrait d'une femme que je considère comme anti féministe. Le choix de ce portrait s'opère avec l'article sur la clitoridectomie. J'étais soucieuse de trouver un portrait de femme ayant eu recours à cet acte et qui plus est le défend!


(2 juillet 1882 à Saint-Cloud - 21 septembre 1962 à Saint Tropez).

Descendante du frère de l’empereur Napoléon, princesse de Grèce et du Danemark,
 elle est l'une des premières psychanalystes françaises.
Marie Bonaparte ne cessera jamais de défendre l’œuvre de son cher maître : elle considérait Freud comme le seul psychanalyste valable et c’est d’ailleurs à lui qu’elle s’est confiée pendant des années, sur un divan….
La princesse Marie souffrant de frigidité vaginale, réussissait à se donner du plaisir par la masturbation.
Or selon Freud, une femme qui se masturbe à l’âge adulte n’est pas une vraie femme. Pour les victimes de Freud, être clitoridienne, c'est être frigide.
Marie élabora une thèse par la mesure de la distance du clitoris et du méat urétral sur une population de 200 femmes choisies au hasard. Obsédée par son "accomplissement orgasmique", même après son analyse avec Freud, elle ne renonça pas à ses convictions.  Elle est une des premières femmes au monde à subir des opérations de chirurgie plastique génitale.

 A trois reprises, entre 1927 et 1931, la malheureuse se fait mutiler, charcuter, par des chirurgiens qui n’en sont qu’aux balbutiements du scalpel. Freud voulait qu’elle «guérisse» uniquement par la psychanalyse. Mais, rien —ni les bistouris, ni les divans— ne permettent à Marie Bonaparte de «devenir une vraie femme». Parallélement, elle fréquente les hôpitaux, écrit sous le peudonyme de A E  Narjani un article intitulé: Considérations sur les causes anatomiques de la frigidité chez la femme dans lequel elle explique la frigidité féminine par une fixation clitoridienne induite par une distance trop grande entre le clitoris et le vagin. La princesse va même rencontrer d’autres «malades» qui, comme elles, ne parviennent à jouir que par le clitoris. En 1929, à Berlin, elle raconte dans un texte intitulé Notes sur l’excision qu’elle a rencontré une jeune Allemande «souffrant de masturbation compulsionnelle, et ayant subi de multiples mutilations chirurgicales sans succès»: la patiente s’est fait trancher le gland clitoridien… Sans résultat bien sûr. Pour jouir, elle continue à caresser cette zone, frottant la cicatrice avec désespoir…


A propos du clitoris elle écrit:
"Les hommes se sentent menacés par ce qui avait une apparence phallique chez la femme, c'est pourquoi ils insistent pour que le clitoris soit enlevé." Notes sur l'excision, revue française de psychanalyse, XII, 1946



Publié dans Portraits

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titine 30/03/2015 01:44

Je ne la classerais pas comme anti-féministe pour ma part mais plutôt comme victime du patriarcat.

En effet, c'est parce que Freud qui était son thérapeute et qui avait donc une emprise sur elle très importante ne lui a jamais dit que ce n'était pas grave d'être clitoridienne ! et qu'il n'y avait pas de quoi s'en faire. C'est Freud qui était un malade car il voulait que les femmes jouissent par l'entremise du pénis à travers la pénétration vaginale. Et uniquement de cette manière, alors que jouir comme ça est pratiquement impossible.

On sait aujourd'hui qu'il n'y a qu'un seul type d'orgasme et qu'il est toujours clitoridien que c'est la stimulation de cet organe qui est un très gros organe (plus gros que le pénis) qui provoque l'orgasme féminin. Par stimulation directe sur la partie extérieur du clitoris ou interne et indirecte qui appui sur la partie du clitoris qui enserre (entoure) le vagin. Enfin, cette seconde façon reste beaucoup plus compliqué car nettement moins efficace, du à une sensibilité bien moindre que la stimulation directe.

Cette pauvre Marie Bonaparte s'est faîtes charcuter parce qu'on lui a mit dans la tête que la sexualité féminine était dépendante de la sexualité masculine (ce qui n'est pas vrai) et on (Freud) l'a convaincu qu'elle était ratée et malade alors qu'elle était parfaitement normale.
Je rappelle juste que le type était censé l'aider, au lieu de ça il a gâché sa vie. Pour moi, la pauvre c'est carrément faites avoir par un gourou. Freud est tout de même la définition exacte du gourou et la psychanalyse une secte. En tout cas à l'époque, et même maintenant, franchement ça y ressemble beaucoup.

D'ailleurs on continue à nous emmerder avec l'orgasme vaginal et les psychanalystes refusent de prendre en compte l'anatomie sexuelle réelle et continuent de nous labelliser comme "malades" en proposant leurs fantasmes ridicule de sexualité phallocentrée comme la normalité.