Kou Houng Ming (1856/1927)

Publié le par pelenop

Intellectuel chinois, il enseignait  l'université de Pékin.
 Kou Houng Ming est connu pour les conseils qu'il prônait aux européens afin d'éviter une guerre mondiale :

- confucianisme radical
- dévouement complet  l'empereur
- haine de la démocratie

Ses idées réactionnaires s'illustraient à propos de la femme dans son ouvrage : l'esprit du peuple chinois.
Dans cette ouvrage, ce "brave" homme de lettre donnait la définition de la femme dans un sens étymologique :
 dans l'écriture chinoise, la femme s'écrit en utilisant deux radicaux : femme + balai. En chinois classique, la femme est appelée gardienne de la chambre aux provisions ou maîtresse de cuisine.

" L'idéal féminin chinois est un idéal qui a un balai dans les mains pour nettoyer les chambres."

Selon lui, cet idéal doit se doter de 3 obéissances et de 4 vertues.

1/ Les quatre vertues :

- Le caractère féminin ne doit comprendre ni des talents ni une intelligence extraordinaire mais une modestie, un enjouement, une charité, une constance, un ordre, une perfection de la conduite dans les manières.
- La conversation ne doit pas faire preuve d'éloquence ni d'éclat mais un choix raffiné des mots, un langage sans grossièreté et sans violence. La femme chinoise doit savoir en outre lorsqu'il faut parler ou se taire.
- L'apparence : la femme ne doit être ni belle ni jolie mais propre et irréprochable sur sa toilette.
- La femme ne doit pas avoir d'habileté spéciale au travail mais être assidue dans la chambre à filer, ne pas perdre son temps à rire ou à railler, travailler à la cuisine pour préparer une nourriture propre et agréable, surtout s'il y a des invités. Ceci faisant références aux Leçons des femmes de Tsao Ta Ku ou dame Ts'ao, soeur de Pan Ku de la dynastie des Han.

2/ Les trois obéissances :

La femme :
- pas mariée, doit vivre avec son père
- mariée,doit vivre avec son époux
- veuve, doit vivre avec ses enfants (prioritairement son fils).

Selon ce sexiste, le but principal de la vie d'une femme n'est pas de vivre pour soi ou pour la société, d'être une réformatrice ou la présidente d'une société contre la mutilation des pieds des femmes, de vivre comme une sainte ou de faire du bien autour de soi mais est de vivre en bonne fille, en bonne épouse et en bonne mère!!!!!!

"Je dirai avant tout que c’est le manque d’égoïsme de la femme chinoise qui rend le concubinage chinois non seulement possible, mais même non immoral. Cependant, je dois remarquer dès à présent que le concubinage en Chine ne signifie pas avoir plusieurs épouses. D’après la Loi chinoise, un homme n’est autorisé à avoir qu’une épouse mais il peut avoir autant de servantes ou de concubines que cela lui plaît. En japonais, on appelle une servante ou concubine te‑kaki, le support de la main, ou me-­kaki, le support de l’œil. Et on entend par là que la concubine est un support où l’homme repose ses mains ou ses yeux lorsqu’il est fatigué. Or, l’idéal féminin chinois, je vous l’ai déjà dit, n’est pas un idéal aux pieds duquel l’ homme doive passer sa vie en caresses et en adoration. La femme chinoise doit vivre pour son mari d’une manière absolue, sans aucune espèce d’égoïsme. Aussi, lorsqu’un mari, l’esprit fatigué de son travail, demande une ser­vante, un support pour la main ou pour les yeux, qui le rende mieux capable de continuer le travail de sa vie, l’épouse chinoise le lui amène, tout comme en Europe, l’épouse apporte à son mari sur sa demande un fauteuil ou du lait de chèvre. C’est l’absence d’égoïsme de l’épouse, son sentiment du devoir et du sacrifice qui permet au Chinois d’avoir des servantes ou des concubines. [...]

 

La religion du non égoïsme est la religion de la femme, surtout de la Dame chinoise comme la Religion de la Fidé­lité est la religion du gentilhomme en Chine. Tant que les étrangers ne comprendront pas ces deux religions : la religion de la Fidélité et la reli­gion du Non‑égoïsme, ils ne pourront comprendre ni le véritable Chinois, ni la véritable Chinoise.

 

Mais alors, dira‑t‑on, et l’amour ? Un homme qui aime vraiment sa femme peut‑il avoir le cœur d’avoir d’autres femmes à côté d’elle dans sa maison ? Pourquoi pas ? La meilleure manière, pour un homme, de prouver qu’il aime sa femme, ce n’est pas de passer sa vie à ses pieds et de la caresser. C’est de s’efforcer, pour tout ce qui est raisonnable, non seulement de la protéger, nais aussi de ne la blesser en rien, de ne pas blesser ses sentiments. Certes, en amenant une femme étrangère dans sa maison, l’époux doit blesser l’épouse, blesser ses sentiments. Mais ce que j’ai appelé le non‑égoïsme préserve la femme d’être blessée. Ce non‑égoïsme absolu de la femme chinoise lui permet de ne pas se sentir blessée lorsque son mari amène une autre femme dans la maison. C’est ce non‑égoïsme de l’épouse qui permet à l’époux de prendre une concubine sans blesser l’épouse. [...]

 

Je me demande si parmi les Européens ou les Américains modernes il en est un sur mille qui pourrait amener plus d’une femme dans sa maison sans transformer cette maison en un véritable champ de bataille, en un enfer. C’est la Religion du non‑égoïsme, le non‑égoïsme absolu de la femme, l’amour du mari pour sa femme et le tact parfait du vrai gentilhomme chinois qui rendent en Chine le concubinage non seulement possible, mais même non immoral."

source :

au coeur de l'empire.




Publié dans Sexisme

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article