Féminisme bourgeois et lutte des classes

Publié le par pelenop

Il en résulte que toutes les femmes, sans distinction de rang social, ont intérêt, dans leur situation de sexe dominé et lésé par les hommes, à voir modifier de cet état de choses par des réformes dans l'état social existant, par la révision des lois. L'immense majorité des femmes a le plus grand intérêt à voir modifier complétement cette situation. C'est ainsi que disparaîtront l'esclavage du salariat, sous lequel la plupart d'entre elle gémissent, et l'esclavage sexuel, qui est intimement lié aux conditions de propriété et d'industrie.

Les femmes qui s'occupent du mouvement féminin bourgeois ne comprennent pas la nécessité d'un pareil changement radical. Influencées par la place privilégiée qu'elles occupent dans la société, elles voient, dans le mouvement féministe prolétarien et ses aspirations différentes, des tendances dangereuses et peu raisonnables, qui doivent être combattues. C'est ainsi que la différence des classes, qui creuse un abîme entre ouvriers et capitalistes, fait également sentir ses effets dans le mouvement féministe. Et ces effets deviennent plus grands, au fur et à mesure que les situations deviennent tendues.

Auguste Bebel : La Femme et le Socialisme, p 30/31


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