Des rôles pleins d'embûches : mère, épouse ou psychiatre de bureau

Publié le par pelenop

C'est une des caractéristiques de la nature humaine que cette tendance à jouer différents rôles au cours d'une même vie.

Une femme mariée, par exemple, pourrait fort bien en remontrer à Shakespeare en matière de dramaturgie; ainsi, elle est parfois une mère (vis-à-vis de son enfant ou de son mari), elle sait également se montrer une maîtresse experte et enjouée et, d'autres fois, se métamorphose en petite fille sans défense.


Elle peut tout aussi bien tenir momentanément n'importe quel autre emploi qui lui convienne, à elle et aux autres, ce qui, en soi, ne présente aucune inconvénient. C'est plutôt lorsque quelqu'un est amené inconsciemment à jouer un personnage puis veut en sortir que le problème se pose.


Qu'en est-il de votre ou de vos rôles au bureau ?


Le métier de secrétaire comporte de multiples facettes. Quand on l'examine d'un oeil attentif, on constate qu'il a un côté maternel. La mère nourrit, encourage, prend soin de ceux qui l'entourent. En général, une secrétaire doit préparer le café, seconder et encourager tant son patron que ceux qui travaillent sous son autorité, et assumer certaines tâches comme dactylographier, sténographier, s'occuper des dossiers, et. C'est un rôle où elle est indispensable, à la maison comme au bureau.


Un secrétaire est également un peu épouse, en ce sens qu'elle doit calmer, apaiser les autres quand la situation risque de devenir démentielle; elle doit aussi contribuer à la conception de moyens permettant d'atteindre des objectifs partagés, et elle consacre souvent une partie de ses énergies à faire en sorte que le bureau demeure propre et attrayant – toutes tâches qui incombent à l'épouse à la maison.


Est-ce qu'une secrétaire n'est pas aussi un psychiatre, dans une certaine mesure du moins ?


Elle doit parfois réfléchir à la façon d'obtenir le concours des autres pour mener à bien un travail, ce qui signifie qu'il lui faut voir comment les y inciter et comment leur présenter ses demandes. Ses collègues lui confient souvent leurs ennuis, auquel cas elle doit leur manifester assez de sympathie et de compréhension pour à la fois conserver leur amitié et sauvegarder son autonomie; elle sert souvent d'exutoire aussi bien à son patron qu'à ses camarades.



Le danger réside dans le fait de tenir l'un de ces rôles trop longtemps, ou d'y être poussée à son corps défendant. Si tel est votre cas, voici une ou deux suggestions quant à la façon de vous en sortir.


Si vous savez ce qui ne va pas, la partie est déjà à moitié gagnée. Si vous vous rendez compte que votre patron vous confine dans un rôle d'épouse au sein du bureau ou que vos collègues vous volent un temps précieux, eu égard à votre travail, en déversant tous leurs tracas dans votre oreille qui fut déjà compatissante, vous êtes alors à même de décider des mesures à prendre.


La façon la plus diplomate de mettre un terme à presque tous ces problèmes consiste en ce que nous appelons le « constat ». Cela se limite tout simplement à un « oui, je comprends », ou « je vois ce qui vous incite à penser ainsi », ou encore « c'est bien possible; je n'en sais rien moi-même ». Autrement dit, au lieu d'exprimer votre opinion et d'encourager le bavard, vous ne faites que constater qu'il vous a communiqué un fait. Celui-ci se lassera rapidement de ne pouvoir vous tirer aucune réaction sincère et vous vous apercevrez que, petit à petit, il cessera de vous « utiliser » ainsi.


Bien entendu, votre « constat » ne doit pas être formulé en des termes malveillants, ce qui aurait pour effet de vous créer des ennemis ou de vous faire perdre vos amis. Au contraire, tout en souriant, vous leur faites comprendre que vous aimeriez prolonger la conversation mais que cela vous est actuellement impossible. Vous pouvez même le préciser ainsi : « J'aimerais bien en parler plus longuement, mais j'ai quelques remords au sujet de mon travail; je crois que je ferais bien de m'y remettre ». Ou encore « c'est très intéressant, mais je ne vois pas les choses de cette façon », ou « je n'ai pas du tout cette impression ». Cette dernière phrase est particulièrement efficace quand il s'agit de clore le bec à quelqu'un qui passe son temps à critiquer les autres devant vous.


La chose essentielle à se remémorer, c'est que c'est vous, et vous seule, qui décidez dans quelle mesure vous acceptez de vous plier à ces rôles qu'on voudrait vous imposer – et ce, sans que ce soit de la mesquinerie ou un rejet dissimulé de votre part. Essayez.


source : Guide de la Secrétaire – Marian G. Simpson – les Editions de l'Homme - Original English Language edition published by PARKER PUBLISHING CO., WEST NYACK, N.Y. Copyright 1973 by Parker Publishing Co.

Les Editions de l'Homme 1975, pp 73, 74, 75

Publié dans Sexisme

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