Manuel de charité

Publié le par pelenop

" Il est un être plus propre à comprendre les ressources infinies du coeur dans la charité, les éléments de bien qu'il contient ; cet être, c'est la femme, la femme chrétienne surtout.

Oh! C'est là son empire, son triomphe, c'est là sa part de bonheur.

A l'homme sans doute la force du corps et le gouvernement des choses de ce monde; mais on peut dire que s'il est le chef, la tête de la société, la femme en est le coeur.
A l'homme la puissance de l'intelligence, le génie de la raison; mais à la femme le génie du coeur et de la charité...Le génie de l'homme domine, terrasse, foudroie; le génie de la femme console, transporte, ravit.

Oh ! Pourquoi se plaindrait elle?


Sa part est si belle ! Elle a reçu de la Providence tout ce qu'il faut pour accomplir le sublime ministère de la consolation, une connaissance plus intime des choses de l'âme, une native commisération, une sympathie irrésistible pour tout ce qui souffre, un sentiment plus exquis de la douleur, au point qu'elle éprouve je n esais quel besoin de la souffrance dans le dévouement.

C'est pour elle surtout qu'est vraie cette parole : Souffrir, c'est vivre.

Je ne sais si je me trompe, mais je crois qu'au fond la femme n'aime guère les gens heureux de tout point; son coeur semble dire : Je n'ai rien à faire ici, je m'en vais; elle reste quelquefois par vanité ou par nécessité; mais le coeur est parti...
Il lui faut quelqu'un à consoler, des larmes à essuyer, de grands sacrifices à faire : alors elle est dans son élément, elle apparaît revêtue de toute sa dignité.
En présence des dangers et des sacrifices, l'homme se trouble, il tremble à cause de son excessive prudence; la femme reste calme, forte, par le dévouement , elle s'élève au-dessus des sens, se replit sur son âme où elle trouve une puissance presque surhumaine.

L'Evangile a donné au monde un grand exemple de ce courage. Sur le chemin du Calvaire, quand le Sauveur porte sa croix, l'homme est faible, est lâche, l'homme disparaît; la femme est forte, elle brave les clameurs, elle compatit et console...Encore aujourd'hui, Jésus-Christ souffre sur la terre, il est malheureux dans ses enfants, malheureux dans ses pauvres, et c'est encore le plus souvent  la femme que l'on trouve auprès de lui pour le secourir et le consoler.

O femme chrétienne, l' Eglise vous bénit, l' Eglise vous remercie. "


Manuel de Charité, par M. l'Abbé Isidore Mullois, prédicateur, 1852
Chapitre V Moyens de secourir les pauvres - -De la part du coeur de la charité - La femme chrétienne. p 84

Publié dans Sexisme

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