Manuel de charité (2)

Publié le par pelenop

" Voulez-vous donc, quand il s'agit de charité, toucher le coeur de la femme?

Pas de longs discours, c'est intuile; racontez-lui simplement une douleur, une misère que vous avez vue : soudain, même chez la femme peu édifiante et bien mondaine, voilà que cet esprit léger, mobile, s'arrête, se fixe, s'intéresse, compatit...et puis la main donne; et si les besoins sont grands, si la chose est urgente, la voilà qui, toute fatiguée de ce que le monde appelle sa brillance existence, obliant ses deux sempiternels ennemis, l'humidité et les rhumes, elle se met en route, les pieds dans la boue, dans la neige, elle va, vient, monte l'escalier du pauvre, brave la consigne du riche, fait si bien des pieds, de la parole et du coeur qu'elle arrive à son but, et puis rentre chez elle plus heureuse de son petit triomphe que de tous les succès que donne le monde.
Chose consolante !

La femme se retrouve toujours à la hauteur des événements et des calamités; quand il faut, elle sait s'oublier elle-même et oublier ce qu'elle a de plus cher au monde.[...]
En un mot, le coeur de la femme, quand elle écoute la bonne partie d'elle-même, est toujours le sanctuaire de la charité, du dévouement et de la miséricorde, et toujours, comme on l'a si bien dit, " elle remplit une mission céleste, elle rapporte avec soi quelque chose de Dieu, des secours pour tous les besoins, des baumes pour toutes les plaies, des paroles qui enchantent toutes les douleurs."
C'est le moment de vous rappeler les paroles de Jésus-Christ aux filles de Jérusalem :
" Ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants car il va venir des jours où il sera dit : " Bienheureuses celles qui ne sont pas mère. "
Mais ces jours mauvais, vous pouvez les écarter; mais ces menaces, vous pouvez les conjurer par votre charité, par la suavité de votre parole. Sortez donc, sortez du milieu de ces futilités et de ces riens; allez porter des secours et des consolations à tous ceux qui souffrent ou qui s'égarent; versez dans les âmes aigries ce trop plein, cet excédant d'affection dont vous ne savez trop que faire; parlez leur avec cette prdence, ce dévouement affectueux qu'une femme ne demande jamais en vain à son coeur, et vous serez écoutée vous, vous serez bénies.
Ah ! Pendant qu'il en est temps encore, désarmer les bras...et sachez-le bien, c'est par la charité seulement que vous vous élèverez jusqu'à la dignité, jusqu'à la majesté de la femme; c'est par la charité seulement que vous obtiendrez ces deux choses dont vous ne pouvez vous passer, votre propre estime et l'estime des autres; car il faut rendre cette justice au monde, que, tout méchant qu'il est, il ne donne jamais son estime à la femme mondaine. Sans doute il lui jette à profusion des éloges, des flatteries, des fleurs, des couronnes, mais elle n'aura jamais son estime, elle n'en aura même pas un grain; il la réserve toute pour la femme vertueuse et dévouée, qui n'est après tout que la femme chrétienne."

Publié dans Sexisme

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