Saïda Menebhi

Publié le par pelenop



Saïda Menebhi est née en Septembre 1952 à Marrakech.
Lors de ses études d'anglais à l'université de Rabat, elle milite à la corporation de la faculté des lettres en 1972 et 1973.
Elle a alors subi la répression policière qui sévissait pour la dissolution de l'Union Nationale des étudiants du Maroc.
Elle fût arrêtée avec des membres de son comité.
Par la suite, elle enseigne dans un collège de Rabat.
Pendant cette période, elle milite à l'Union Marocaine du Travail et adhère à l'organisation Marxiste-Léniniste Ilam Amam ("en avant").
Le 16 janvier 1976, elle est arrêtée une nouvelle fois avec trois de ses camarades :
 - Rabea Ftouch
- Pierra di Maggio
- Fatima Oukacha

Elle disparait à Derb Moulay Cherif, centre de torture de Casablanca.
En fin Mars, elle est présentée au juge d'instruction et est incarcérée à Casablanca.
Avec 138 camarades, elle est inculpée pour atteinte à la sureté de l'Etat. Elle est alors condamnée à 5 ans de détention, isolée avec Rabea et Fatima à Casablanca.

Elle entame alors une première grève de la faim en 1976 pour exiger un procès, puis une autre pendant le procès dans le but de dénoncer les violations des droits élémentaires de la défense des inculpés.

Le 10 novembre 1977 elle entame sa dernière et fatale grève de la faim de 40 jours. Cette dernière tentative était dans le but de réclamer le statut du prisonnier politique et des conditions humaines de détention, ainsi que la fin de l'isolement.
Le 11 décembre 1977, elle succombe faute de soins appropriés.

Saida Menebhi a oeuvré énormément pour les droits des femmes, le sort des prostituées...

étude et interview de prostituées marocaines. source Contre Information

Elle a également écrit des nombreux poèmes lors de sa détention.



Elle écrit ceci 9 mois avant sa mort :

Fascistes, fascistes
Mille fois fasciste
Un million de fois
Je voudrais le répéter
Que je ne serais rassasiée
Je suis un volcan en activité
Et mes laves
Sur tous les fascistes et Pinochet
Je veux les cracher
Fasciste et peureux
Si vous croyez nous avoir
C'est plus de force que nous avons
Quand vous voulez nous réprimez
La porte en bois est insuffisante
Mettez donc un mur
C'est tout à fait admissible
Etant donné votre nature
Mais la honte sera sur vos fronts
Lorsque nous vaincrons
Les mots m'échappent
Comme un feu
Et me brûlent les lèvres
Criez, n'acceptez plus
Vous qui êtes là
Derrière la porte
Nous, nous continuerons
A combattre, à refuser
Jusqu'à l'abattoir, et nos têtes
Sous la lame
Et jamais, jamais
Dans nos yeux ils ne verront la crainte
Jamais la maladie du silence
Ne nous atteindra
Vous mes soeurs
Troupeux de bêtes
C'est cela que vous leur semblez
Et moi, les mains liées
La gorge nouée
La nausée me prend
De tous les fascistes et leurs pions
Vous qui ne me comprenez pas
Je me sens fatiguée
Les épaules courbées
Par trop de souffrance
De privation, de répression
Mais mes pensées et l'envie de lutter
Ni les années de prison
Ni leurs portes en bois
Et leurs grilles
Ne me les enlèveront
Je mourrais Marxiste-Léniniste!




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