Vive les poupées en pantalon !

Publié le par pelenop

Pélénop est heureuse de relayer l'annonce de la disparition du journal Jeune & Jolie de nos kiosques dès janvier 2010.
En effet, ce magasine destiné aux filles ne parvient plus à écouler ses stocks et ressent une nette baisse de ses ventes.
Après 22 couvertures, le groupe Lagardère se doit d'arrêter la parution de ce magasine.
Bien sûr, il est facile de mettre cette cessation d'activité sur le dos de la crise. Mais pourquoi alors d'autres magasines féminins continuent de paraître ?
Nous pensons que l'interêt des jeunes femmes change, il est moins question de trouver un régime, de lire les témoignages bidons d'autres femmes sur leur vie sexuelle ou d'apprendre à faire de bons plats "pour son chéri".
Nous ne pouvons que nous en réjouir !
La preuve que les femmes cherchent autre chose est que en mars 2009, un nouveau mensuel est sorti : Causette.
Le slogan affiché sur la couverture "plus féminine du cerveau que des capitons" affiche tout de suite l'angle éditorial.
Mais ne nous leurrons pas, après quelques recherches, on découvre que la direction est assurée par un homme : Gregory Lassus Débat (également rédacteur de Charlie Hebdo).
Le but de cet homme est le même que pour tous les autres directeurs , faire du chiffre !
"On a pensé qu'il y avait un vrai manque et donc une place à prendre. Loin de nous l'idée de se moquer de nos petits camarades de la presse féminine, mais nous ne sommes pas dans le même esprit. Nous ne sommes pas des faiseurs de mode ou de tendance. On veut faire du journalisme anglé féminin, avec de vrais reportages. Notre objectif n'est pas de tenir informé sur tel ou tel régime ou défilé de mode, on veut simplement divertir et apprendre des choses à nos lectrices en passant un bon moment.[...] Le premier numéro a été tiré à 20 000 exemplaires et est diffusé dans 183 villes. Concernant les chiffres de vente, sachant que le premier numéro vient tout juste de sortir, je vous avoue que l'on doit encore se plonger dans les comptes (rires). Mais je pense qu'on sera dans les clous si on vend environ 10 000 exemplaires."
Voilà, la presse capitaliste qui a trouvé un bon filon : angler féminin les éditos, faire réfléchir les femmes.
D'ailleurs le numéro de novembre en dit long : "spécial féminisme".
Cela se passe de commentaires :

"Le féminisme, c'est comme le ménage,

si on ne s’y colle pas régulièrement on finit par s’habituer à la crasse. Mais on se passerait bien de la corvée. On préfèrerait regarder les autres s’en occuper. De mon côté, je pense avoir trouvé ma solution : je ne milite pas pour le féminisme, je vis le féminisme. Au quotidien, à chaque seconde sur laquelle passent mes actes et ma pensée. Non sans avoir remercié ma mère pour ses victoires passées, tout en remettant un soutien-gorge parce que, il faut l’avouer, le poids du symbole est moins lourd à porter que celui de mes seins. Merci encore maman, vraiment. Quoique, je n’avorte pas tous les jours et vote un peu moins souvent. Une fois de temps en temps, comme tout le monde. Mais c’est agréable d’avoir le choix. J’aime cette liberté de choisir mon président et mes amants, de prendre position ou de laisser mon monde se débrouiller sans moi. Il faut sauvegarder tout cela et en profiter, sereinement, car le fondamentalisme du temps des grandes manœuvres me rebute et me fait peur.
Ainsi m’a-t-on souvent demandé si j’étais féministe ; par le seul fait de mon existence, par essence, oui. Féministe parce que femme, pas partisane. La moitié de l’Humanité n’a pas à justifier sa quête d’égalité, elle doit la prendre, sans complexes ni argumentations. On n’est pas partisan d’une évidence, on s’y résout. Et non, je ne m’énerve pas ! La conviction qu’il me fallait faire ce numéro presque entièrement consacré au féminisme est née dans la bouche de mes sœurs : « Je ne suis pas féministe, mais... » Je reste coite. Comment tant de femmes ont pu en arriver à affirmer ne pas être pour la défense de leurs droits ? Personnage de basses mœurs que je suis, j’aurais tendance à y voir un certain goût pour les menottes… Les vraies raisons sont probablement moins tordues.
C’est indéniable, le féminisme est ringard. La peur fantasmée de la harpie aux aisselles habitées est bien ancrée. Il est donc grand temps de dépoussiérer la notion et d’épiler les inconscients, de remettre le concept au goût du jour et de l’épouser comme une posture permanente, un réflexe, une norme.

Causette"



Mais Pélénop préfère lire des journaux faits réellement par des femmes, pour des femmes.
C'est pourquoi nous trouvons important de réitérer la publicité pour les femmes qui ont réussi à créer leur magasine : Les poupées en pantalon.
http://www.lespoupeesenpantalon.fr/wp-content/themes/magazeen/timthumb.php?src=http://www.lespoupeesenpantalon.fr/wp-content/uploads/2009/10/couverturenumero1poupeesenpantalon1.jpg&w=235&h=109&zc=1

"Les Poupées en Pantalon » est un magazine associatif, qui, comme vous avez pu le constater, n’est sponsorisé ni par Jean Paul Gaultier, ni par Slim Fast.

Nous refusons de cautionner la loi du marché et ne voulons pas nous financer grâce à la publicité (support d’oppression des femmes), nous voulons également rester libres dans nos propos, c’est pourquoi nous faisons extrêmement attention à ne pas être censurées par quelconques instances…

Nous sommes toutes bénévoles et ne gagnons pas notre vie en travaillant dans le magazine, nous sommes toutes des militantes féministes qui veulent changer le monde (et on n’est pas payées pour ça !)"

Publié dans Actualité

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Causette 07/01/2010 14:28


Rectificatif et droite de réponse :

Bonjour,
Nous tenons à rectifier plusieurs erreurs contenues dans cet article :
-"en mars 2009, un nouveau mensuel est sorti : Causette" : Causette est bimestriel -tous les deux mois- et non pas mensuel.
- Le slogan est "Plus féminine du cerveau que du capiton"
-"après quelques recherches, on découvre que la direction est assurée par un homme" : la rédaction en chef est assurée par Bérangère Portalier et par Liliane Roudière, deux femmes. Grégory
Lassus-Debat est directeur de la publication.

-"Gregory Lassus Débat (également rédacteur de Charlie Hebdo)" : Faux. Grégory Lassus-Debat n'est plus rédacteur à Charlie Hebdo depuis novembre 2007.
-"Le but de cet homme est le même que pour tous les autres directeurs , faire du chiffre !" : Faux. Le but de la direction est de vendre suffisamment d'exemplaires pour survivre. Il n'y a pas
d'actionnaires à satisfaire, seulement des emplois à assurer.
- Causette salue l'existence des "Poupées en pantalon", mais celles-ci écrivent "Nous sommes toutes bénévoles et ne gagnons pas notre vie en travaillant dans le magazine, nous sommes toutes des
militantes féministes" : là est tout la différence. Causette est écrit par des journalistes professionnel(le)s,pas des milintant(e)s. Une information de qualité exige un travail rémunéré,
simplement pour avoir un temps complet à passer sur ses reportages ou enquêtes.

Cordialement,
La rédaction de Causette


sale crevard 28/12/2009 15:11


Je ne sais pas s'il faut se réjouïr de la mort de ce journal.

D'un côté ça montre un des bienfaits de la crise, certes, les gens sacrifient les futilités en premier...
D'un autre côté, tous ces journalistes réacs au chômage ça va grossir les troupes d'agents de propagande nationaliste.