Françoise Eubonne et l'éco-féminisme

Publié le par pelenop

source : La terre d'abord

Le terme d’écoféminisme a été créé par Françoise d’Eaubonne en 1974.

Son point de vue est le suivant: d’un côté elle reprend la théorie communiste du « communisme primitif » (elle a fait un temps, partie du Parti Communiste, et a participé à la fondation du Mouvement de Libération des Femmes et du Front homosexuel d’action révolutionnaire).

Et de l’autre, elle considère que la période du communisme primitif n’était pas un « matriarcat », mais une période où l’humanité avait des valeurs idéales.

Elle reprend ensuite la théorie communiste de l’histoire de la division du travail, mais ne considère pas comme les communistes que la boucle sera bouclée dans le communisme. Pour elle le conflit fondamental est celui entre le communisme primitif, avec les valeurs qu’il avait, et le patriarcat, dont les valeurs sont celles de « dominance, d’agressivité, de compétitivité, d’absolutisme (ou « illimitisme ») »

Selon elle il s’agit d’un problème de civilisation, et pas un problème de mode de production. « Le féminisme, en libérant la femme, libère l’humanité tout entière. »



 

Françoise d’Eaubonne a ainsi une vision romantique: elle critique le présent (considéré comme le règne du « capital, dernier stade du patriarcat »), non pas en proposant un futur libérateur, mais en théorisant toute une nostalgie d’un passé idéalisé selon ses propres valeurs: à l’époque n’aurait pas prédominé « la fécondité et la fertilité »:

« A l’origine, l’agriculture était l’affaire des femmes. Il ne s’agissait pas d’un matriarcat, sorte de patriarcat renversé. Cela n’a jamais existé. Les femmes jouissaient d’un prestige certain, lié à leur importance dans la société, mais qui n’était pas lié à une hiérarchie.

La femme, mère et agricultrice, travaillait au sein de petites communautés familiales, dans une économie de type communiste primitif. Il s’agissait d’une agriculture à la houe, sèche, sans irrigation, nécessitant des déplacements fréquents le long des grandes voies de migration pré-romaines.

Le grand renversement s’est opéré avec la découverte de la charrue et de l’irrigation. L’agriculture est devenue sédentaire, avec appropriation du sol qu’il fallait défendre face aux tiers…

Dès le début du pastoralisme, les hommes ont observé les animaux qu’ils domestiquaient et c’est ainsi qu’ils ont découvert la paternité. C’est ainsi que les hommes se sont appropriés les des deux ressources qui appartenaient aux femmes: l’agriculture et la fécondité.

Tous les problèmes actuels, qu’ils s’agisse de l’épuisement des ressources ou de l’explosion démographique, en découlent… »

Françoise d’Eaubonne pose donc la question très importante du féminisme, mais l’écologie n’est pas au coeur de sa conception: l’écologie n’est que la conséquence du féminisme, parce que le capitalisme (expression du patriacat) en raison de sa quête de profit (masque de la quête du « pouvoir ») détruit la planète.

Preuve en est les valeurs qu’elle considère comme devant triompher, à savoir celles « de convivialité et d’égalitarisme dans les rapports entre individus (donc entre sexes) et du collectif avec l’environnement. »

La nature n’a pas de valeur en soi et les animaux non humains n’existent pas: l’écologie de Françoise d’Eaubonne est en fait une sorte d’idéal égalitaire consistant simplement en l’expression radicale du féminisme à un moment donné. Ce qui est bien entendu déjà une très bonne chose, et forcément souligne des aspects essentiels, comme celui que la destruction de la planète est géré par des hommes.

Mais l’affirmation comme quoi les hommes seraient par essence mauvais et producteurs-destructeurs est totalement unilatérale ( "Depuis plus de cent ans, le marxisme a envisagé la disparition de la « valeur d’échange », base de l’économie mercantile (Marx en 1875, Engels en 1894).

Mais aucun pouvoir marxiste n’a pu y parvenir, parce qu’il est impossible, en patriarcat, de supprimer la marchandise. Et impossible, en système marchand, de ne pas dévaster la planète. C’est aux femmes, à présent, de reprendre la parole humaine.")

 

L'éco-féminisme de Françoise d'Eaubonne a le mérite d'avoir existé mais son point de vue est d'un passéisme restrictif !

Pélénop souhaite un nouvel élan écologique et féministe, que tou-te-s les opprimé-es se libèrent du joug du patriarcat !


Publié dans Culture

Commenter cet article