Le 13 octobre 1905, une armée pour le vote féminin.

Publié le par pelenop

"Le 13 octobre 1905, Christabel Pankurst et Annie Kenney, armées de petites bannières en calicot : VOTE POUR LES FEMMES, se mirent en route en partant de Nelson Street - pour commencer à la mettre en pratique.
" Nous dormirons en prison, ce soir," dit Christabel. Sa mère, soudainement gagnée par des scrupules pratiques - perdrait-elle son emploi, Christabel sa place à l'Université? - était trop anxieuse pour répondre. En silence, elle regarda s'éloigner l'avant garde des représentantes de l'esprit militant, revêtues des vêtements les plus élégants qu'elles pouvaient s'offrir.
Le gouvernement Balfour, sapé par la contreverse sur la réforme du tarif du Libre-Echange, allait tomber. On considérait comme certaine une victoire des libérax lors de l'élection générale. C'est pourquoi le WSPU avait pour but principal un gouvernement libéral. Sir Edward Grey et Winston Churchill, qui comme Balfour (et en fait comme plus de quatre cents membres du Parlement - majorité à la chambre des communes) s'étaient déclarés en principe par partisants du vote des femmes, étaient les principaux partisans du vote des femmes, étaient les principaux orateurs au Free Trade Hall, ce jour-là. Lorsque Christabel et Annie, le coeur battant, se levèrent pour demander :
" Le gouvernement libéral accordera-t-il le vote aux femmes?" L'effet fut dévastateur. Elles furent traînées de force hors de leurs sièges par des huissiers et des policiers comme si elles avaient blasphémé pendant le service divin. Sur les marches, dehors, Christabel perpétra une "infraction caractérisée" ( elle en avait lu la définition dans ses livres de droit) en crachant contre la police. Au tribunal, elle tint en échec la bienveillance paternelle du magistrat - un vieil ami de la famille- en refusant avec truculence de payer une amende de pure forme. Saq prédiction se réalisa. Miss kenney et elle allèrent en prison. Mais même là, elle ne fut pas exempte d'une sollicitude intempestive. <un surveillant vint avec un message annonçant que quelqu'un (la rumeur publique disait qu'il s'agissait de Churchill) était arrivé pour payer les amendes. Elle revendiqua l'honneur d'être la première prisonnière politique de Grande Bretagne. Cet honneur, la perle de grand prix de l'esprit militant, n'était pas à vendre pour cinq pavres shillings. Seul le vote pourrait l'acheter."

Les Pankhurst, David Mitchell

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