Travailleu(r)ses du sexe et fière de l'être: n'opposons pas les ouvrières entre elles !

Publié le par pelenop

Les prostituées sont des prolétaires. Elles sont logées à la même enseigne que les ouvrières textiles, les ouvrières en armement, toutes les ouvrières. Il est essentiel que les prolétaires s'unissent, que les femmes en soient l'avant-garde pour se libérer du joug du capitalisme, du patriarcat.

«  La lutte contre la prostitution et les formes monstrueuses de la famille actuelle, en d'autres termes la lutte contre les institutions de classe du monde bourgeois contemporain, découle directement de la lutte générale du prolétariat et en constitue une partie prégnante.[...] Non, si effectivement le mouvement abolitionniste triomphait chez nous, si l'armée des prostituées se mettait à s'accroître plus lentement, les féministes seraient moins que quiconque responsables de ces heureux événements. Ce n'est pas aux résolutions maniérées des féministes que la femme en sera redevable, mais au parti ouvrier, qui lutte pour le changement des rapports, économiques et sociaux existants. On peut affirmer avec certitude que les cadres qui engendrent comme une nécessité la dépendance matérielle de la prostitution seront réduits à chaque nouvelle conquête de la classe ouvrière dans le domaine des rapports économiques et juridiques. »

Alexandra Kollontaï, les problèmes de la prostitution.

 

Le documentaire Travailleu(r)seuse du sexe et fière de l'être de Jean-Michel Carré, essaie de montrer une toute autre lutte des prostituées. Ce film, déjà diffusé sur France 2, en mars 2009, sortira sur grand écran le 3 février 2010.

Dans ce film, le réalisateur a recensé des témoignages de prostituées qui clament leur fiéreté d'être ce qu'elles sont.


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" Je préfère vendre mes charmes contre du pognon que vendre mon âme à un patron !" Voilà, les avis de ces femmes, leur fierté se base sur une opposition aux autres ouvrières.  C'est une lutte anti-classe que nous montre Jean-Michel Carré. Les travailleu(r)ses du sexe dont il relaie le témoignage sont des personnes qui sont fières d'être dans le système patriarcale, une sorte de "féminisme" pour elle .


 

« Je ne pourrais pas travailler dans un abattoir. Je ne pourrais pas être non plus spéléologue ou infirmière. Faut-il pour autant interdire ces métiers ?, lance avec malice Sonia, prostituée à Bruxelles qui a une dent contre certaines féministes. Je ne les appelle pas des féministes parce qu’une vraie féministe, c’est pas ça. Une féministe, elle accepte d’entendre la parole de toutes les femmes. Il n’y a pas des femmes qui méritent d’être défendues et d’autres qui ne le méritent pas. Je crois que ça les arrange cette histoire d’esclavage. Elles nous empêchent d’avoir le droit à la parole, parce qu’elles ont très peur de ce qu’on pourrait dire. Dès qu’une fille dit qu’elle va bien, que c’est un métier qui lui convient alors, là, il faut la tuer. Moi, je n’ai jamais été interrogée par une prohibitionniste. Elles vont chercher des filles qui sont dans la drogue, des filles qui travaillent dans des conditions abominables dans la rue. C’est uniquement sur ça qu’il faut se battre et ne pas faire un amalgame qui n’est que du populisme politique. »

Non, il faut se battre contre la prostitution, aidées toutes les prostituées comme toutes les ouvrières. Il est nécessaire de se libérer de ce système dévastateur.


«  La duplicité hypocrite à l'égard de la prostitution est caractéristique de la bourgeoisie et met en relief le fait que là aussi, dans cette question qui semble concerner l'humanité toute entière, elle a une position de classe. En effet, la prostitution, cet appendice obligatoire de la société de classes contemporaine, ce correctif à la forme coercitive désuète de la famille actuelle, pèse de tout son poids sur les classes non possédantes. C'est ici, dans les bas-fonds obscurs et nauséabonds, que poussent ses germes funestes ; c'est dans le corps du prolétariat qu'elle plante le plus souvent ses griffes empoisonnées, et bien que son haleine fétide pourrisse toute l'atmosphère sociale, c'est d'abord pour la classe ouvrière qu'elle est un fléau. Voilà pourquoi la bourgeoisie n'est nullement pressée de sonner l'alarme : et si le gros du contingent des femmes vénales était fourni par la classe possédante, il est à supposer que son attitude à l'égard de cette question serait fort différente... »

Alexandra Kollontaï, les problèmes de la prostitution.


 

 


Publié dans Actualité

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apostille 15/01/2010 19:17


Il faudrait combattre ce genre de rhétorique extrêmement dangereuse... Je conseille la lecture du brillant article de Mona Chollet, incroyablement pertinent sur le sujet :
http://www.peripheries.net/article216.html