Vingt coups de fouet pour avoir porté un pantalon

Publié le par pelenop

source : http://www.lessentiel.lu/news/monde/story/22586362

Deux femmes arrêtées en juillet dans un café de Khartoum avec la journaliste soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein ont été condamnées jeudi à être fouettées pour tenue "indécente".

"En vertu des preuves montrées en cour, les deux femmes ont porté un pantalon sans porter de voile. La cour les reconnaît donc coupables, conformément à la loi sur l'ordre public", a déclaré le juge Hassan Mohammed Ali, de la Cour de Khartoum-Est. "La peine fixée est de 20 coups de fouet chacune et une amende de 250 livres soudanaises (65 euros). Si l'amende n'est pas payée, ce sera un mois en prison", a ajouté le juge.

Les deux femmes, dont l'identité n'a pas été dévoilée, avaient été arrêtées début juillet dans un café de Khartoum en compagnie de Loubna Ahmed al-Hussein, la journaliste devenue activiste accusée en cour d'avoir porté un pantalon "indécent".

Traitement spécial pour Loubna Ahmed al-Hussein

Loubna Ahmed al-Hussein, dont le procès a défrayé la chronique dans la presse internationale, avait été reconnue coupable début septembre d'avoir porté un pantalon jugé "indécent" par la cour. Elle n'avait pas reçu de coups de fouet comme le prévoit la loi, mais avait été emprisonnée après avoir refusé de payer une amende de quelque 200 dollars américains (135 euros).

L'association des journalistes soudanais avait payé son amende au lendemain du verdict et la jeune femme avait aussitôt été libérée. Dix autres femmes avaient été arrêtées au même moment que Loubna Hussein et les deux femmes reconnues coupables jeudi. Elles avaient reçu dix coups de fouet chacune pour avoir porté un pantalon jugé "indécent" par les autorités.

L'article 152 du code pénal prévoit une peine maximale de 40 coups de fouet pour quiconque "commet un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents". Cette loi ne spécifie pas le pantalon comme vêtement indécent, ou même un type particulier de pantalon comme le "jeans", ce qui ouvre la voie à des arrestations et des condamnations aléatoires, regrettent plusieurs associations de défense des droits de l'Homme.

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