Women are Heroes

Publié le par pelenop

" S'il nous entraîne si loin de nos bases, c'est pour poser des qestions fondamentales. WOMEN ARE HEROES parle de femmes qui côtoient la mort parfois et la vie souvent, qui passent du rire aux larmes, des femmes généreuses qui n'ont rien et qui le partagent, des femmes qui portent un passé douloureux et l'envie de construire un avenir heureux.
WOMEN ARE HEROES permet à JR de tenir la promesse qu'il a faîte à ces femmes : faire voyager leur histoire."


" J'ai trente ans. J'habite à New Kru Town, Monrovia. Je suis venue à l'hôpital pour un traitement . Là, j'ai vu une affiche sur les problèmes de viols : "Si vous avez violé quelqu'un ou si vous avez été violé, venez nous voir. Nous vous donnerons un traitement médical gratuit et vous apporterons un soutien psychologiqe."
J'y suis allée et j'ai raconté ce qui m'était arrivé.

En 1992, j'avais quinze ans...Des soldats de l'ECOMOG nous ont emmenés dans une plantation de caoutchouc. Nous avons dû nous mettre à terre. Puis ça a commencé. Il y avait six ou sept filles. Ils nous ont gardées de six à neuh heures du soir. Puis, l'un deux a pris une lampe torche. Il l'a pointée vers mes pieds en disant : "Dépêche-toi, viens"...Il a dit : "je vais te ramener chez ta mère." Alors je l'ai suivi. Puis il a dit : "Je ne vais pas te libérer. Va à l'intérieur, déshabille-toi et allonge-toi sur le lit". Il avait une arme. J'avais peur...J'ai dit d'accord. J'étais assise là et puis il est revenu. Il m'a dit : "enlève tous tes vêtements...il m'a repoussée sur le lit et l'a fait avec moi. Après...J'ignorais tout de ça. Il est la premier homme avec lequel j'ai fait ça. Lorsqu'il a eu fini, j'ai commencé à avoir les pieds qui tremblaient, j'avais froid. Et puis, j'ai commencé à saigner...J'avais peur, je n'en ai pas parlé à ma mère.

Je n'en ai parlé à personne pendant quinze ans, pas même à mon mari. J'ai décidé d'oublier cette période de ma vie, d'effacer cet événement.

Je me considère comme une femme très forte. J'ai eu trois enfants après cet incident et j'ai eu une petite affaire. Mes enfants vont à l'école. Et j'arrive à travailler suffisamment pour manger tous les jours. Alors oui, je suis forte.

J'ai des projets pour l'avenir. Mon projet ne concerne que mes enfants. Parce que je ne veux pas qu'ils se retrouvent à la rue, à devoir voler. Je mets de l'argent de côté. J'essaie de construire une maison et j'ai un compte épargne sur lequel je place mes économies.

Ce qu'il y a de plus beau, c'est de se réveiller tôt le matin et de voir les enfants en bonne santé, de voir que personne n'est malade. La beauté, pour moi, c'est ça.
Les femmes qui vivent ici ne doivent pas perdre espoir. Quand il y a de la vie, il y a de l'espoir."
Cecilia Tubah

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