discours sur les femmes,Clara Zetkin

Publié le par pelenop

"De même que le travailleur est sous le joug du capitaliste, la femme est sous le joug de l'homme et elle restera sous le joug aussi longtemps qu'elle ne sera pas indépendante
économiquement. La condition sine qua non de cette indépendance économique, c'est le travail.

Si l'on veut faire des femmes des êtres humains libres, des membres de la société à part entière au même titre que les hommes, il ne faut ni supprimer ni limiter le travail féminin, sauf dans quelques cas exceptionnels.

Les travailleuses qui veulent accéder à l'égalité sociale n'attendent rien, pour leur émancipation, du mouvement féministe bourgeois qui prétend lutter pour les droits de la
femme. C'est une construction bâtie sur le sable qui ne repose sur aucune base sérieuse.

Les travailleuses sont absolument convaincues que le problème de l'émancipation des femmes n'est pas un problème isolé, mais qu'il fait partie de l'ensemble de la question sociale.
Elles savent pertinemment que ce problème ne pourra trouver de solution tant que la société actuelle n'aura pas subi des transformations fondamentales.

La question de l'émancipation des femmes est née avec les temps modernes et c'est la machine qui l'a engendrée.

L'émancipation de la femme, cela signifie la complète modification de sa position sociale, une révolution de son rôle dans la vie économique.

Les anciens modes de production avec leurs moyens de travail imparfaits enchaînaient la femme à la famille et limitaient son champ d'action à son foyer. Au sein de la famille, la femme
constituait une maind'oeuvre extrêmement productive. Elle fabriquait presque tous les objets de nécessité courante.

Compte tenu du développement de la production et du commerce de l'époque, il aurait été en outre extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de fabriquer ces articles
hors de la famille. Tant que durèrent ces rapports de production, la femme fut productive sur le plan économique...

La machine a mis fin à l'activité économique de la femme dans la famille. La grande industrie fabrique tous les articles à meilleur prix, plus rapidement et en plus grande quantité que ne pouvait le faire l'industrie individuelle qui ne disposait que d'outils imparfaits pour une production à très petite échelle.

Souvent la femme était obligée de payer la matière première achetée au détail plus cher que le produit fini de la grande industrie.

A ce prix d'achat, elle devait ajouter son temps et sa peine, si bien que l'activité productive dans la famille était devenue un nonsens économique, un gaspillage de force et de temps. Bien que, dans des cas isolés, l'activité productrice de la femme au foyer puisse être encore utile, il n'en reste pas moins que ce genre d'activité constitue une perte pour la société.

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Publié dans Textes

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